« Plus la solidarité nationale recule, plus les dépenses de santé augmentent »

Pour limiter les dépenses de santé du régime obligatoire en 2011 et renflouer les caisses de l’Assurance Maladie, le gouvernement envisage une série de mesures et notamment une baisse du remboursement qui concerne à la fois le médicament, les consultations en médecine de ville et l’hôpital. L’Union de groupe mutualiste Couleurs Mutuelles (Macif-Mutualité, MNFCT et SMIP en sont membres fondateurs) dénonce le projet d’augmentation du reste à charge des dépenses de santé.

Inévitablement ces baisses de remboursement aboutiront à une augmentation du reste à charge pour les personnes malades qui ne peuvent pas accéder à une complémentaire santé et à une augmentation des cotisations de complémentaire santé pour les autres ménages. « Les mesures annoncées sont opportunistes, elles s’appuient sur une vision financière à court terme au détriment des grands enjeux de santé publique et ne jouent pas sur les causes de dérive des dépenses de santé, plus structurelles. Car plus la solidarité nationale recule, plus les dépenses augmentent. […] Car dans un contexte où 14 % des ménages ont renoncé à des soins en raison d’un coût trop élevé, cette décision attaque les ménages les plus défavorisés dont la cotisation santé représente parfois 10 % des revenus mensuels. Peu à peu la Sécurité sociale est détournée de son objectif premier : être au service exclusif de l’accès pour tous à des soins de qualité. Il est grand temps que l’Etat et le mouvement social définissent en concertation un modèle dans lequel les assurés s’emparent du système social en remettant au coeur du dispositif la santé pour tous dans la fidélité des grands principes fondateurs du pacte républicain de 1945. »