Économie sociale

Ire rencontre régionale des acteurs de l’ESS en Auvergne

« Que reste t-il de nos fondements? Comment présenter l’économie sociale et solidaire de notre époque? Comment les valeurs de l’ESS sont-elles mises en pratique par nos différentes entreprises? Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous rassemble ? Quelles sont les valeurs communes et quelles sont les spécificités ? Qui sont les entreprises de l’économie sociale sur notre territoire? Comment faire pour nous connaître et nous reconnaître ? » Tels sont les questionnements qui animent les élus de la Cres Auvergne.

Economie sociale : une recherche patiente (Paris, 11 juin 2009)

L’Addes, Association pour le développement de la documentation en économie sociale, s’est risquée le 11 juin, à l’auditorium de la Macif (Paris), à présenter un « rapport sur l’état d’avancement de la connaissance en économie sociale », tâche délicate s’il en est. Directeur général délégué du Crédit coopératif – soutien historique de l’Addes –, Hugues Sibille a ouvert la réunion en rappelant l’importance pour les professionnels du secteur, même si les rythmes de l’entreprise sont bien différents de ceux des universitaires, de ce lien fort avec la recherche. « A l’heure où l’on parle de la finance patiente », c’est bien le moins. Reste que le décalage est patent si l’on considère les « besoins politiques » de l’ES, dont les représentants aimeraient bien pouvoir, en ces heures de crise du modèle capitaliste, communiquer un état sûr de leurs forces. 

Traité d’économie sociale à l’usage des malentendants suivi de L’encre de la révolte

Laurent Lasne. Le Tiers Livre, février 2009.

Laurent Lasne est, entre autres, un excellent connaisseur des Scop. Au sein de Participer, le magasine de la confédération, de sa maison d’édition ou d’autres, il a déjà commis de nombreux ouvrages et études historiques sur le mouvement en général, telle fédération (1) ou entreprise en particulier. Il élargit ici le propos à l’économie sociale, puis, dans une seconde partie, livre une monographie de l’Imprimerie nouvelle, association ouvrière emblématique de la coopération de production. 

Les coopératives d’habitants : une troisième voie du logement à développer

L’accession à la propriété est une aspiration forte d’une large majorité de la population française, mais la focalisation du marché et des politiques sur une accession individuelle socialement survalorisée pose de nombreux problèmes, financiers, sociaux et écologiques. Habicoop, association d’accompagnement des coopératives d’habitants basée à Lyon, promeut depuis 2005 une accession collective à la propriété fidèle aux grands principes de l’économie sociale : mutualisation, double qualité, gestion collective, responsabilité sociale et environnementale… Entretien avec Bertille Darragon, coordinatrice de l’association.

Numéro de revue: 
313
Année de publication: 
2009
Fichier attachéTaille
PDF icon 313_099104.pdf63.99 Ko
Auteur(s): 
Bertille Darragon

Reconnaître et valoriser l’utilité sociale spécifique des entreprises et des organisations de l’ESS, par M. Parodi et L. Manoury

Repères sur le sens et la méthode pour accompagner des démarches d’évaluation de l’utilité sociale[1]
A l’attention des concepteurs de guides opérationnels, des réseaux, des fédérations de l’ESS et des décideurs, commanditaires et techniciens des administrations et des collectivités territoriales

Préambule : Utilité d’une approche commune de l’utilité sociale
Il est possible, malgré la diversité des secteurs d’intervention et des structures juridiques (coopératives, mutuelles et associations) de l’économie sociale et solidaire, de dégager un « tronc commun » de critères et de types d’indicateurs pour mesurer l’utilité sociale générée spécifiquement par toutes formes d’entreprises et d’organisations de l’ESS.Ce tronc commun se fonde sur ce qui fait la spécificité même des entreprises et organisations de l’ESS, à savoir leurs valeurs, leurs principes d’action et leurs règles juridiques et organisationnelles, telles que définies par les lois et la réglementation en vigueur. 

Les valeurs, les principes et les règles de l’économie sociale traversent tous les domaines de la gouvernance et de la gestion, par Maurice Parodi

L’adéquation entre les valeurs, les principes, les règles et les « pratiques » passe par la mise en cohérence de leurs applications dans tous les domaines de la gestion. Par exemple, un entrepreneur social ne saurait se limiter à une application correcte du principe de gestion démocratique, dans la gouvernance de l’entreprise, en ignorant la transposition des autres grands principes dans les domaines de la gestion de ressources humaines. 
A un même principe (par exemple, celui de la finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que de profit) doivent correspondre des « bonnes pratiques » dans divers domaines de gestion. Il en va de même pour tous les autres principes et règles.
Tous les principes et toutes les règles sont inextricablement liés. En ce sens, les principes et règles qui caractérisent les entreprises sociales constituent bien un « système » avec ses interdépendances, ses synergies, ses « rétro bouclages » et ce sont précisément ces interférences multiples des principes et règles dans les divers domaines de la gestion qu’une formation spécifique des entrepreneurs sociaux doit s’attacher à mettre en évidence et en cohérence. Ceci ne peut s’opérer à la marge d’une formation classique de managers, par exemple par un simple module complémentaire sur les valeurs et principes de l’économie sociale et solidaire.

L’économie sociale entre informel et formel Paradoxes et innovations

Annie Dussuet et Jean-Marc Lauzanas (dir.). Presse universitaires de Rennes, 2007.

Le soutien de la Délégation interministérielle à l’économie sociale (DIES, devenue DIIESES) ne se limite pas à un aspect financier ou à une reconnaissance institutionnelle. Le programme de recherche que la délégation a lancé en 2004 a en effet permis la publication de nombreux travaux universitaires. Cet ouvrage collectif en témoigne.
Les contributions réunies dans ce livre portent sur sept domaines appliqués à un territoire, l’ouest de la France : le soutien et l’accompagnement à la création d’entreprise, la mise en place de réseaux territoriaux de l’économie sociale, les services aux familles, le tourisme associatif, la finance solidaire, l’environnement et le sport. 

L’ESS au Mexique: une alternative, sans hésitation !

Les commissions de promotion des coopératives et de l’économie sociale de l’Assemblée nationale mexicaine ont tenu leur deuxième congrès international les 18 et 19 mars à la Chambre des députés de Mexico. Plusieurs représentants de l’économie sociale européenne y étaient invités, comme la Confédération espagnole d’entreprises de l’économie sociale (Cepes) ou le Ceges. Alors qu’en France les différentes familles de l’ESS peinent à trouver les termes d’une parole commune et des terrains d’investissement partagés, pour les députés de cet Etat fédéral, les représentants des structures de l’ESS mexicaine et ceux du Mercosur (marché commun d’Amérique du Sud), la crise actuelle démontre l’impérieuse nécessité de l’économie sociale et solidaire.

Comprendre l’économie sociale, fondements et enjeux

Jean-François Draperi. Dunod, 2007, 244 p.
 
Le titre même de l’ouvrage de J.-F. Draperi traduit bien l’ambition et l’objectif qui animent l’auteur: faire entendre à ceux qui « clament » leur volonté d’« entreprendre ensemble » et « autrement » qu’il est nécessaire, avant tout, de « comprendre « les fondements (doctrinaux, techniques et praxéologiques) de l’économie sociale et, pour cela, de faire et refaire le voyage aux sources de « l’invention de l’économie sociale ». Il faut donc « entreprendre d’apprendre » (Desroche H., Entreprendre d’apprendre, d’une autobiographie raisonnée aux projets d’une recherche-action, apprentissage 3, Les Editions ouvrières, 1990) ou de réapprendre la vraie nature de l’économie sociale vécue par ses acteurs et de l’économie sociale conçue par ses auteurs.
La « leçon »  de J.-F.Draperi peut concerner divers publics ou auditoires. A l’évidence, elle s’adresse d’abord aux « dirigeants » présents et à venir des entreprises et des organisations de l’économie sociale et solidaire (OESS), trop souvent oublieux de leur patrimoine et des « spécificités méritoires » de leur modèle d’organisation entrepreneuriale et des pratiques sociales qui en découlent. Mais la leçon devrait aussi concerner les responsables politiques et les grands commis de la puissance publique qui attendent de cette économie sociale très « clamée » ou proclamée quelques réponses innovantes et pertinentes face aux enjeux économiques, sociaux et sociétaux de notre temps.

"Nous protégeons l’infortune" Les origines populaires de l’économie sociale au Québec

Martin Petitclerc. VLB éditeur, 2007, 283 p.

L’Union Saint-Joseph représente l’une des figures emblématiques de l’histoire des sociétés de secours mutuels au Québec. Le récit de son irrésistible ascension et de son déclin non moins irrésistible franchit largement les limites du genre monographique. L’analyse de Martin Petitclerc, professeur d’histoire de l’université du Québec à Montréal (Uqam), porte moins sur le patrimoine social accumulé par cette entreprise solidaire que sur les causes de son échec programmé. L’auteur nous offre là une remarquable défense et illustration du caractère universel de la pratique mutualiste dans sa confrontation avec l’économie de marché mondialisée.