Poursuite des stratégies de groupe en mutualité

Cet automne verra la naissance d’un nouvel ensemble stratégique mutualiste organisé autour de trois unions. Au cœur de ce groupe se trouve l’union mutualiste de groupe (UMG) MGEN-Istya-Harmonie, composée d’­Harmonie Fonction publique, de la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN), de la mutuelle Mare-Gaillard (Guadeloupe), de la Mutuelle nationale territoriale (MNT) et de la Mutuelle générale de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (MGEFI). Sa feuille de route est ainsi définie : « L’UMG devra définir et faire appliquer la politique et les orientations stratégiques du groupe dans des domaines nécessaires à son développement tels que : les grands comptes collectifs publics et privés, la prévoyance, l’offre de soins et les réseaux conventionnés  (Communiqué de presse du groupe MGEN, 13 ­juillet 2016.) . »

En complément de cette UMG ­prudentielle seront créées une union des services de soins et d’accompagnement mutualistes (SSAM) et une union de groupe mutualiste (UGM) accueillant des partenaires de la MGEN et d’Harmonie mutuelle qui n’auront pas pu (pour des raisons juridiques) ou pas souhaité intégrer l’UMG.
De par l’alignement de ses records numériques (10 millions de personnes protégées, près de 9 milliards  d’euros de chiffre d’­affaires et environ 38 000 salariés), ce groupe sera le plus grand groupe français de  protection sociale et le premier réseau privé et non lucratif d’offres de soins et de services. Le deuxième groupe de protection sociale, dénommé Aesio, se positionnera sur le podium de la complémentaire maladie dès le 1 er  novembre. Cette nouvelle UMG prudentielle regroupera les organismes Adréa, Apréva et Eovi-MCD. Selon le ­journal Les Echos  (Les Echos, 12 octobre 2016.) , jamais avare de chiffres, il protégera environ 3 millions de per­sonnes, représentera un porte­feuille de 40 000 entreprises et un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros.

A l’énoncé des éléments juridiques composant ces structures mutualistes qui semblent vouées à une extension continue, à la lecture vertigineuse de leurs exploits quantitatifs, on imagine la perplexité de l’adhérent... D’autant que l’appellation des organismes, complètement banalisée, ne peut désormais lui être d’aucun appui pour en comprendre l’origine. Une certaine continuité est néanmoins assurée par la permanence des personnalités dirigeantes à la tête de ces entités en perpétuelle recomposition.

Quoi qu’il en soit, avant même d’être for­­mellement constituée, l’UMG MGEN-Istya-Harmonie a déjà lancé une opération d’envergure, en reprenant la gestion des 43 établissements et services de la Fondation hospitalière Sainte-Marie, créée en 2005 en Ile-de-France pour les soins d’accompagnement au ­ handicap et à la dépendance.

Selon la fondation, ce ­transfert d’­activités se fonde sur une conception partagée des principes qui doivent guider l’action ­ sanitaire : « Une volonté de répondre aux besoins de santé dans une logique de proximité, de valoriser et de fluidifier les parcours de soins, d’encourager la coordination entre les professionnels et le travail en réseau et de défendre le secteur non ­lucratif, ses valeurs associées et ses enjeux  (Communiqué de presse de la Fondation hospitalière Sainte-Marie, 23 septembre 2016.) . »

Par ce biais, l’UMG MGEN-Istya-Harmonie pourra, en accord avec la loi sur l’ESS de 2014, conclure des partenariats avec des fondations ou des associations.

Patricia Toucas-Truyen