Les propositions mutualistes pour réduire les inégalités en matière de soins

L’Observatoire Place de la santé a été lancé en 2017 par la Mutualité française « afin de proposer un état des lieux des représentations des Français à l’égard de leur système de santé et de leurs préoccupations quotidiennes en matière de santé ».
L’édition 2020 démontre clairement une hausse des besoins sanitaires (1) de la popu
lation. Un seul exemple : en dix ans, le nombre des personnes souffrant d’affections de longue durée a augmenté de 40 %. Concomitamment, il devient de plus en plus difficile d’accéder à une prise en charge médicale rapide. Si le phénomène de « désert médical » qualifie l’absence de médecins généralistes dans certaines zones rurales, on remarque aussi dans les villes un allongement  considérable du délai d’accès à la consultation chez les  spécialistes. L’étude confirme donc, sans surprise, que l’offre médicale est déficiente et inégalement  répartie.
Considérant que cette tendance est « amenée à  se poursuivre » et que les mesures prises par les pouvoirs publics pour y remédier sont insuffisantes, la Mutualité française émet plusieurs propositions : le recours à la téléconsultation médicale, le « partage de compétences » entre professions médicales et  paramédicales, la création de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Parmi les principales recommandations figure « l’exercice  coordonné dans des maisons de santé pluriprofessionnelles », ce qui fait inévitablement penser aux centres de santé mutualistes, qui ont beaucoup  contribué à la démocratisation de l’accès aux soins. En somme, une innovation sociale du siècle dernier...
L’étude démontre que, « sans mesures fortes sur l’organisation des soins, à l’initiative des  pouvoirs publics ou des professions de santé, l’accroissement des  inégalités est inéluctable ». Elle apporte des solutions techniques et organisationnelles qui peuvent être efficaces pour mieux satisfaire, à court ou moyen  terme, les besoins sanitaires dans les territoires. En revanche, un retour critique sur les orientations néolibérales des politiques de santé ne serait pas inutile  pour tenter d’infléchir cette accélération des inégalités sanitaires sur le long terme, car les choix qui sont faits en matière de santé publique et de protection  sociale sont avant tout politiques.

(1) Le terme « demande de soins » nous semble inapproprié.