Les mémoires de master au centre de toutes les attentions... et de trois prix

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Les mémoires de master sont à l’honneur. Cette année, pour la première fois, trois prix étaient décernés par trois institutions distinctes. Outre le prix de mémoire de l’Addes, créé en 2000, qui récompense les travaux de niveau master 2 dédiés à toute thématique de l’ESS, le prix de la recherche coopérative Crédit Mutuel/Recma récompensait, à l’occasion de sa huitième édition, les mémoires de master 2 spécifiquement dédiés à la coopération.

Nouveau venu dans cette mise en lumière des travaux universitaires de niveau bac + 5 : le prix du CJDES (Centre des jeunes, des dirigeants et des acteurs de l’économie sociale), également ouvert aux étudiants inscrits dans un cursus licence 3 et master 1, pour des travaux portant sur toute thématique de l’ESS.

Des mémoires tremplins vers la thèse
Au total, vingt candidats étaient en lice au prix de l’Addes, dix au prix Crédit Mutuel/Recma, et vingt-huit étudiants avaient soumis leurs travaux aux prix du CJDES. Cet engouement fort (même si bon nombre d’étudiants avaient triplé leurs chances en concourant aux trois prix) traduit l’attrait de l’économie sociale comme objet de recherche, ainsi qu’une évolution de fond : le mémoire de master est devenu un tremplin stratégique vers un financement de thèse. A ce titre, il est fortement investi par les candidats. « De plus en plus de travaux sont bâtis sur des cadres conceptuels et théoriques fouillés, des terrains finement analysés, et préfigurent des thèses », explique Maurice Parodi, président du jury de mémoires de l’Addes, auparavant président du jury unique décernant les prix de thèse et de mémoire. « Le mémoire constitue un très bon échelon pour repérer et encourager ceux qui ont le profil pour mener une carrière universitaire. » Le jury du prix Crédit Mutuel/Recma ne s’y est pas trompé, proposant cette année, au regard de la qualité des travaux de ses trois lauréats, un accompagnement spécifique pour les aider à publier un premier article scientifique dans les colonnes de la Recma. Un « parrain » universitaire, membre du comité de rédaction de la revue, aide chaque lauréat à choisir un angle spécifique de son mémoire pour le travailler sous forme d’article. Puis, celui-ci est rendu anonyme et soumis au processus éditorial habituel : évalué en double aveugle par deux référés afin de recevoir des ajustements et enrichissements supplémentaires.
« C’est un accompagnement précieux qui donne la possibilité de travailler une première publication dans de très bonnes conditions », se félicitait Adélie Ranville, classée en tête du classement du prix Crédit Mutuel/Recma, le jour de la remise du prix, le 27 janvier. Cette ligne supplémentaire sur le CV devrait préfigurer, il faut le souhaiter, la première d’une longue série dans une carrière bien engagée.

Trois lauréats se partagent les honneurs
Si chaque année compte son lot de têtes bien faites, trois noms concentraient l’essentiel des honneurs cette année. Adélie Ranville (Sciences Po Grenoble), premier prix du prix Crédit Mutuel/Recma, était aussi premier prix de l’Addes, et premier prix du CJDES. Son mémoire, « La Coopérative comme institution auto-organisée, une analyse conceptuelle et empirique de l’approche d’Elinor Ostrom », étudie les liens entre l’ESS et l’approche théorique d’Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie de 2009, qui a consacré la notion de « Common pool ressource », traduit par le terme de « communs ». L’analyse textuelle d’un corpus d’articles d’Ostrom permet notamment à la lauréate de mieux caractériser les coopératives et de contribuer, sur un plan conceptuel, à améliorer la compréhension des travaux du Nobel 2009 dans la recherche francophone.
Timothée Narring (Sciences Po Toulouse), deuxième du prix Crédit Mutuel/Recma, était premier ex aequo avec Adélie Ranville au prix de l’Addes. Son mémoire, « Les banques communautaires, protection ou normalisation des populations périphériques ? », propose, sur la base d’une approche authentiquement pluridisciplinaire, une analyse des banques communautaires de dévelop­pement (BCD) qui se sont développées au Brésil depuis la fin des années 2000 pour répondre à des besoins économiques et sociaux (alimentation, logement, lancement d’une petite activité) tout en protégeant les clients du surendettement. L’auteur a notamment étudié comment les ­m obilisations locales, fondées sur l’auto-­organisation des habitants et de travailleurs sociaux, se confrontent aux pratiques de cooptation et de clientélisme qui structurent le rapport des populations périphériques au politique.
Adeline Veyret (Sciences Po Grenoble), classée troisième au prix Crédit Mutuel/Recma, recevait également le prix Coup de cœur des internautes du prix CJDES. Son mémoire, « La vie démocratique, un outil de prise de décision collective. Enquête sur la délibération et la légitimité des décisions au sein des collectifs d’associés de SCOP », identifie comment, dans une coopérative, les associés parviennent à dépasser leurs intérêts individuels pour s’entendre sur des consen- sus partagés. Au-delà, le mémoire aborde la question de savoir comment favoriser l’émergence d’un consensus au sein d’un collectif hétérogène.
Des travaux d’une grande richesse et qualité qui augurent une belle l’édition 2018. Surtout si les organisateurs décident de jouer la carte de la complémentarité pour mettre en valeur des pans spécifiques de l’ESS par une meilleure différenciation des prix décernés...

Lisa Telfizian