Frédéric Tiberghien, le nouvel homme fort de Finansol

L'ex délégué interministériel chargé de l'ESS en 2006 et 2007 souhaite faire progresser l'épargne solidaire "à  1 % de l’épargne des Français, ce qui veut dire atteindre environ 35 milliards d’euros". Si Frédéric Thibergien ne s’engage pas sur le calendrier, il a une idée très précise du meilleur moyen d’atteindre l’objectif : reproduire ce qui a si bien fonctionné avec l’épargne salariale, c’est-à-dire introduire des « compartiments solidaires » dans les produits financiers préférés des Français. En clair, les épargnants auraient la possibilité d’orienter une partie (jusqu’à 10 % par exemple) de l’argent investi sur ces placements vers des activités solidaires.

« Il faudrait commencer par l’assurance-vie, dont le stock d’épargne s’élève à 1500 milliards d’euros, ce qui est considérable. Puis continuer avec les produits d’épargne réglementée, sans doute d’abord le livret de développement durable, avant le livret A. »

[...] cet homme de conviction, qui a grandi dans une famille d’entrepreneurs du Nord pétrie des valeurs du catholicisme social, apparaît tout désigné pour s’y atteler. D’abord parce que Frédéric Tiberghien n’a pas cessé, après des études à Sciences-Po et à l’École nationale d’administration, de passer du monde de l’entreprise à celui de la haute fonction publique.

[Pantouflage]

Au début de sa carrière, il fait un passage dans les cabinets ministériels, notamment auprès de Charles Hernu et de Paul Quilès. Puis il part diriger, pendant une vingtaine d’années, de grandes entreprises, dont Louis Vuitton, Chronopost et Vediorbis, avant de réintégrer son corps d’origine, le Conseil d’État, en 2006. « Je connais de l’intérieur l’État et des entreprises du secteur privé, ce qui me donne les clés pour aller négocier avec les banques et les cabinets ministériels, confie-t-il. Ce sera indispensable pour atteindre notre objectif des 1 % », confie-t-il.

[...]

« L’État estime que la fonction de cette économie est de combler les poches de pauvreté qui demeurent malgré la puissance de ses amortisseurs sociaux. Ma conception est différente. J’estime qu’elle est un secteur économique à part entière, capable de produire des biens et des services, et même de concurrencer le privé. C’est pourquoi j’ai envie de promouvoir ces activités. Avec Finansol, je vais pouvoir les aider à se financer. »

L'intégralité de l'article de SÉVERIN HUSSON pour la Croix