Benoit Hamon

3e Convention nationale USGERES "2012-2017: les enjeux la place des employeurs", 16 oct, Paris, les interventions de B Hamon et M Sapin

L’Union des employeurs de l’économie sociale (Usgeres) organisait le 16 octobre prochain, à la Cité Internationale Universitaire de Paris (14e), sa 3e Convention nationale sur le thème « 2012-2017 : les enjeux la place des employeurs ». La Cress PACA propose les interventions de de Michel Sapin et Benoît Hamon.

Benoît Hamon: "la coopérative pour revitaliser les entreprises et faciliter la reprise par les salariés"

Affirmant que le gouvernement souhaitait favoriser la reprise par les salariés des sociétés défaillantes, le ministre a rappelé sur France Inter le 23 août que la coopérative était une forme d'entreprise qui a de l'avenir: C'est une forme de société différente de la SA telle qu'on la connait, ici le capital est impersonnel, elle est gouvernée très différemment des sociétés classiques (...) une forme d'entreprise performante, qui gagne de l'argent mais le distribue différemment. Et d'ajouter: "C'est surtout une opportunité pour beaucoup de salariés qui voient leur entreprise disparaitre faute de repreneur"

Le fruit d'un long cheminement

La création d’un ministère délégué à l’Economie sociale et solidaire est le fruit d’un travail de longue haleine, marqué par bien des espérances et des déconvenues. L’affirmation politique de l’économie sociale et solidaire a connu, connaît toujours, des vicissitudes. L’intuition des pionniers de 1970 est longtemps restée ignorée et, quand elle le fut moins, considérée comme hasardeuse, voire sans fondement. A tel point que plusieurs de ses acteurs, y compris parmi les plus engagés et dévoués, se sont demandé, dans les années 80 et 90, s’il fallait poursuivre ou abandonner ce projet d’économie sociale et ont été tentés de revenir aux identités fortes des mondes coopératifs, mutualistes et associatifs. On sait aujourd’hui qu’ils ont bien fait d’insister : le ministère est une reconnaissance de la réalité de l’ESS qui lui fait franchir une étape sans doute décisive. Il convient donc de rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui depuis plus de quarante ans ont contribué à faire exister l’économie sociale, puis l’économie sociale et solidaire.

Reprise en Scop, banque publique d'investissement, non au "socialwashing" et label pour les entreprises sociales: Benoît Hamon agite l'ESS

Les sorties de Benoit Hamon ne passent pas inaperçues. Le 28 juin, au Groupe Chèque déjeuner, après avoir prévenu qu'il serait "vigilant au socialwashing", comme il avait fallu l'être à l'égard du "greenwashing", il a déclaré vouloir inscrire dans une loi le droit préférentiel de reprise d'une entreprise par ses salariés, projet porté notamment par l'AP2E depuis plus d'un an, et de nouveau évoqué le lendemain lors de sa visite du Groupe Vitamine T à Lille. Le ministre espère par ailleurs obtenir une part importante des futurs crédits distribués par la Banque publique d'investissement (BPI). Une somme qui pourrait atteindre 500 millions d'euros. Mais attention, « si nous avons les 500 millions d'euros de la BPI, il faudra s'en servir beaucoup mieux que les 100 millions que nous avons obtenus du grand emprunt et qui ont été une vraie usine à gaz », prévient Claude Alphandéry dans l'article des Echos consacré au déplacement du ministre. Lors de ce passage dans une entreprise phare du Mouves, le ministre a également annoncé la création d’un label pour les entreprises de l’économie sociale et solidaires (ESS) dans le cadre de la future loi cadre de l'ESS qui devrait voir le jour en 2013. Ce label permettrait de reconnaître la spécificité du projet des entreprises sociales, en s’appuyant sur des valeurs et dépassant ainsi la seule question des statuts.

Le CEGES présente 6 priorités d’action au Gouvernement en matière d’ESS

Reçu en délégation par Benoît Hamon, ministre délégué en charge de l’économie sociale et solidaire le 2 juin dernier, le CEGES se félicite de la création de ce ministère rattaché au ministère de l’économie, des finances et du commerce extérieur et se réjouit d’un premier entretien constructif et à l’écoute, qui inaugure un dialogue régulier entre le ministre et les différents acteurs du secteur. Lors de cet échange, le CEGES a présenté 6 priorités d’actions* issues de son manifeste de 12 propositions pour une économie démocratique*.