Association

Une campagne pour stimuler les adhésions

A contre-courant de certaines évolutions constatées ces dernières années en matière de financement du monde associatif, l’État a dû revoir son rôle  pendant la crise sanitaire avec la mise en place de mécanismes de soutien inédits : 27 600 associations ont pu bénéficier d’un fonds de solidarité ; 100  millions d’euros ont été débloqués pour la trésorerie et les fonds propres des associations ; le numéro UrgencESS a permis la préservation de près de 10 000 emplois  en accompagnant les structures de très petite taille vers des dispositifs parfois difficiles à repé

Les nouveaux chiffres du secteur sanitaire et social

Le centre de ressources DLA Solidarités-Santé, en partenariat avec Recherches & Solidarités, a publié en septembre le bilan de l’emploi dans les  associations et les fondations du secteur sanitaire et social, portant sur les données 2020 :
• Le secteur sanitaire et social privé non lucratif (associations et fondations) regroupe 1,11 million de salariées dans près de 35 900 établissements employeurs et pèse 25,3 milliards d’euros en masse salariale, soit 60 % de la masse salariale du secteur privé non lucratif.

Dons, mécénats, générosité : panorama

L’Observatoire de la philanthropie (Fondation de France) a publié en septembre la seconde édition de son panorama national des générosités, qui porte sur l’année 2019 et fait ressortir plusieurs grandes tendances de long terme :
• une progression du montant global des dons des particuliers déclarés aux impôts, à rapprocher toutefois d’un nombre de donateurs en baisse (5 milliards d’euros ont été versés par 4,9 millions de foyers fiscaux de particuliers) ;

Être citoyen.ne aujourd’hui

« C’est l’association de personnes qui crée la citoyenneté et non l’inverse. » C’est en ces termes que Roger Sue, sociologue, présentait le 31 janvier 2020 à un large auditoire le creuset de citoyenneté que sont les associations loi 1901, éclairant par la même occasion ce qui unit le mouvement associatif à l’ESS :  l’associativité, le principe égalitaire « un membre, une voix ».

Le monde hétérogène des associations culturelles employeuses

De 30 000 en 2007, le nombre des associations culturelles employeuses était monté à 40 000 en 2018, employant 300 000 personnes (130 000 équivalents temps plein), pour un budget de 7 milliards d’euros cumulés. Où en sont-elles aujourd’hui ? L’enquête Opale parue en mars ne le dit pas, mais donne à voir  un modèle économique hybride, composé en partie de recettes d’activité et, pour un tiers, de subventions publiques provenant majoritairement des  collectivités territoriales, notamment des communes.

L’avis éclairé du HCVA

Le gouvernement avait décidé, fin 2020, de demander l’avis du Haut Conseil à la vie associative (HCVA) sur son projet de loi visant à conforter les principes républicains, élaboré notamment pour lutter contre l’islamisme radical et ses activités associatives (sportives, culturelles...) communautarisées.

Seize propositions pour les associations des quartiers sensibles

Dans le prolongement de cet avis qui conforte l’analyse et le plaidoyer du Mouvement associatif, ce dernier a publié en février ses « 16 propositions pour une vie associative ambitieuse dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville », à destination des pouvoirs publics nationaux et territoriaux et des acteurs associatifs. Ces propositions émanent d’un processus de consultation animé par la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France.

Financement public des associations et écart salarial entre hommes et femmes : nouvelles perspectives pour l’égalité professionnelle ?

Cet article examine la relation susceptible d’exister entre le financement d’origine publique perçu par les associations et l’écart de salaire entre les hommes et les femmes qui y travaillent. À cette fin, les auteurs apparient deux bases de données, l’enquête de l’Insee « Associations 2014 » qui présente la situation de ces organisations en 2013 et les Déclarations annuelles de données sociales (DADS) de la même année. Les résultats obtenus montrent que, dans plusieurs cas, une part plus importante de ressources en provenance des fonds publics est accompagnée d’un écart de salaire plus faible entre les deux sexes. A l’heure où les pouvoirs publics ont la possibilité d’inclure des clauses sociales dans les marchés publics, cette recherche ouvre des perspectives nouvelles en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Lionel Prouteau, Viviane Tchernonog

Gouvernance d’une association villageoise d’épargne et de crédit : entre intentionnalité et spécificité

Cet article traite de la gouvernance des associations villageoises d’épargne et de crédit (Avec), à partir de l’étude d’une structure de ce type située au nord du Bénin. L’auteure s’intéresse particulièrement aux mécanismes de contrôle en présence ainsi qu’à leurs interactions. Elle s’appuie pour cela sur la grille de lecture de Charreaux (1997) adaptée aux associations, avec une approche orientée sur les parties prenantes empruntant les principes et les valeurs de la coopération des théories du contrat psychologique et social. L’analyse montre que les mécanismes spontanés et spécifiques (confiance, pression par les pairs, etc.) sont les plus importants. Ces associations sont non seulement des alternatives viables, mais aussi des catalyseurs pour le renforcement du capital social, le leadership des femmes et le développement communautaire économique et social.

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Djaoudath Alidou

Le mouvement d’éducation populaire entre innovation sociale et innovation financière : l’exemple des fédérations de centres sociaux

La mise en place de normes et de procédures européennes au sein du secteur social et l’arrivée de nouveaux acteurs associatifs en France – fonctionnant sur un modèle de start-up pour intervenir dans le domaine du social – soulèvent plusieurs questions relatives à l’avenir de plus de deux mille centres sociaux français. Ces derniers sont des structures de proximité, reconnues d’utilité publique, proposant des activités sociales, éducatives, culturelles, familiales, répondant aux besoins des habitants, dans une démarche d’éducation populaire et d’animation du territoire.
Mais, depuis l’adoption en 1986 de l’Acte unique européen et la libéralisation de la partie économique des services sociaux des pays membres, la conception de l’intervention sociale est transformée via des notions de productivité, de rentabilité et de modernisation. Nous appellerons ce processus l’« européanisation », qui remet en cause l’organisation traditionnelle des services publics tout en  transformant progressivement une mission d’intérêt général en « problème à résoudre » (Vezinat, 2019). Ainsi, les minima sociaux coûteraient « un “pognon de dingue” et seraient inefficaces » pour lutter contre la pauvreté, le chômage, le déficit budgétaire et la dette publique. Ce paradigme emprunte en partie un langage et des comportements pratiques issus de l’entreprise et du New Public Management (Bezes, 2012)

 

Numéro de revue: 
360
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
André Decamp