monnaies sociales et complémentaires

Regards sur les monnaies sociales et complémentaires

Le dossier qui suit est constitué de quatre textes dont des versions préliminaires ont été présentées lors du colloque international, trilingue et pluridisciplinaire « Trente années de monnaies sociales et complémentaires, et après ? », qui s’est tenu à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Lyon les 16 et 17 février 2011 (1). L’appel à communications cherchait à faire émerger des bilans de la dynamique enclenchée il y a bientôt trois décennies, sous forme d’études monographiques comme d’analyses comparatives sur le plan international ou historique, mais il encourageait aussi les approches théoriques (2). Le colloque a accueilli cinquante-trois communications, pour la plupart de chercheurs étrangers. Il a été doublé d’une journée destinée aux acteurs praticiens, élus locaux ou chargés de mission. Au total, 264 personnes, venant de plus de vingt pays, ont participé à tout ou partie de ces trois jours. Le colloque a contribué à faire émerger et à identifier une communauté de recherche jusqu’ici éparpillée et peu consciente d’elle-même. Il a permis de souligner la faiblesse de l’infrastructure intellectuelle à même de rassembler les chercheurs, mais aussi son émergence progressive : apparition de sites dédiés aux ressources relatives aux monnaies sociales et complémentaires (3), dont un site bibliographique de recension des écrits (4), et de l’International Journal of Community Currency Research (IJCCR) (5), la seule revue consacrée à ces questions.

 


(1) Le colloque a été organisé par les laboratoires Triangle (UMR 5206) et Lefi (EA 4012), appuyés par l’université Lumière- Lyon 2, sa chaire d’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire, l’Institut des sciences de l’homme (ISH) et l’ENS Lyon, où il s’est tenu. Il a été soutenu par l’Institut Veblen pour les réformes économiques, la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’homme (FPH), l’Institut Caisse des dépôts et consignations pour la recherche, le Cluster 12 « Dynamiques sociales et territoriales » de la région Rhône-Alpes, la région Rhône-Alpes, la Direction générale à la langue française et aux langues de France du ministère de la Culture et de la Communication, la coopérative RES et le conseil général du Rhône.

(2) Appel et communications consultables sur http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article1588.

(3) www.complementarycurrency.org.

(4) www.cc-literature.org.

(5) www.ijccr.net.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
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PDF icon recma324_intro_blanc_018020.pdf429.12 Ko
Auteur(s): 
Jérôme Blanc

Les systèmes d’échange local (SEL) ou l’utopie d'une monnaie sans dette

Pour circuler, la monnaie doit être adossée à une souveraineté qui se porte garant de l’outil monétaire. Des travaux récents montrent que cette souveraineté trouve sa légitimité dans la dette. Le déséquilibre fonde la vie sociale. L’étude de sociétés anciennes permet d’établir ce fait, la notion de dette fondatrice ayant été observée chez beaucoup d’entre elles. Un certaine nombre d’études sur les monnaies sociales, et spécifiquement celles sur les systèmes d’échange local (SEL), montrent que ces dispositifs reprennent au marché certaines de ses caractéristiques, en particulier l’objectif de mettre en place des échanges économiques horizontaux (non hiérarchiques), mais en se différenciant toutefois par la promotion de valeurs basées sur la solidarité. Or, cet objectif mérite discussion dès lors que l’on adopte l’hypothèse selon laquelle la monnaie est constitutive de la dette. Nous nous attachons d’abord à montrer les différentes facettes de la dette et quels sont ses fondements. La monnaie, en tant que dette circulante, ne peut être cantonnée à un rôle d’intermédiaire neutre des échanges. Nous nous intéressons ensuite aux conséquences de cette dernière hypothèse dans le fonctionnement des SEL.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
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PDF icon recma324_vallat_ferraton_021034.pdf669.61 Ko
Auteur(s): 
David Vallat et Cyrille Ferraton

Les réseaux d’échange de proximité au Québec. Bilan d’une enquête statistique

Cet article expose les résultats d’une enquête menée en 2008 auprès de 389 adhérents à douze réseaux d’échange de proximité (REP) québécois. Après avoir présenté ces REP dans leurs dimensions organisationnelle et institutionnelle et décrit le profil de leurs membres, les auteurs montrent, données statistiques à l’appui, en quoi la condition socioéconomique des adhérents vient moduler le lien d’usage entretenu avec le réseau. En effet, si les REP québécois accueillent une diversité de personnes et répondent à des attentes multiples, notre analyse révèle que le genre, l’âge, la scolarité et le niveau de revenu des adhérents sont associés, sur le plan statistique, aux motifs d’adhésion, à l’appréciation du REP et aux retombées perçues. On constate aussi que plus fort est l’engagement des adhérents dans leur REP, plus grandes sont la satisfaction à son égard et les incidences qu’on lui attribue.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
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PDF icon recma324_bouliannecomeau_035052.pdf575.66 Ko
Auteur(s): 
Manon Boulianne et Yvan Comeau

Les apports de deux dispositifs de monnaies sociales, le SOL et l’Accorderie, au regard des enjeux du développement local soutenable

On assiste depuis les années 2000 à une multiplication des dispositifs de monnaies sociales. Elles s’inscrivent dans les initiatives citoyennes qui cherchent à répondre aux problématiques du développement soutenable. Nous verrons ainsi comment les monnaies sociales, et plus particulièrement les dispositifs de l’Accorderie et du SOL alpin, peuvent être des outils au service du développement local soutenable. Pour ce faire, nous soulignerons l’apport de trois objectifs des monnaies sociales (la territorialisation des activités, la dynamisation des échanges et la transformation des pratiques, des modes de vie et des représentations sociales) au développement local soutenable.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
Fichier attachéTaille
PDF icon recma324_fare_053069.pdf665.17 Ko
Auteur(s): 
Marie Fare

L’enjeu de l’usage des monnaies sociales dans les banques communautaires de développement au Brésil. Etude du cas de la Banque Palmas

Les banques communautaires de développement (BCD) sont des formes récentes de finances solidaires au Brésil. Leur origine renvoie à l’expérience emblématique de la Banque Palmas dans une banlieue pauvre de la ville de Fortaleza. Fondée sur un processus d’auto-organisation communautaire, la Banque Palmas est à l’origine de la création d’un système de microcrédits populaires et solidaires incluant la mise en circulation d’une monnaie sociale. En voulant se démarquer d’une approche isolée de microcrédit, elle cherche à affirmer une action stratégique de construction de réseaux locaux d’économie solidaire visant la création de revenus et d’emploi pour la communauté. D’une part, ce texte propose de comprendre le système Palmas comme un mécanisme de finances solidaires, incluant une monnaie sociale comme outil stratégique de développement territorial. D’autre part, il met en exergue les résultats de deux études analysant les contributions de la Banque Palmas en termes d’inclusion économique.

Numéro de revue: 
324
Année de publication: 
2012
Auteur(s): 
Genauto Carvalho de França Filho, Ariádne Scalfoni Rigo, Jeová Torres Silva Junior et Camille Meyer

Quand les territoires inventent leur monnaie

En ces temps de crise financière, où l’on parle "rigueur" et "austérité", "dette publique qu’il faut réduire", où il faut "rassurer les marchés », des collectivités locales et des habitants de communes n’hésitent pas, dans un élan démocratique, à se réapproprier la complexe question financière. Comment ? En lançant, dans le champ de l’Economie sociale et solidaire, des expériences alternatives. Convaincus qu’une «autre finance est possible». Un dossier de La Gazette.fr.

Sol Violette : quatre fois plus d'utilisateurs que prévu

(Un article de la Dépêche du 2/12/2011) «C'est un truc de ouf ! » s'exclame Jean-Paul Pla, conseiller délégué à l'économie sociale et solidaire. L'élu qui pilote le projet « Sol Violette » depuis sa genèse il y a deux ans, s'enthousiasme des résultats très encourageants de la monnaie 100 % toulousaine au bout de six mois d'expérimentation. Les adhérents, ou « solistes », qui utilisent ces coupons de paiement alternatif sont 4 fois plus nombreux que prévu, 600 actuellement, alors que l'objectif, certes très modeste, était de 150 au départ.