entreprise sociale

Proposition de définition de "l'entreprise sociale" par la Commission européenne

Le 6 octobre 2011, la commission européenne a proposé un "règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un programme de l'UE pour le changement social et l'innovation sociale" dont un des objectifs vise à "stimuler l’emploi et l’inclusion sociale en augmentant la disponibilité et l’accessibilité du microfinancement pour les groupes vulnérables et les microentreprises et en améliorant l’accès au financement pour les entreprises sociales".

DIVERSITÉ DES ORGANISATIONS DANS LES ÉCONOMIES DE MARCHÉ, RÔLE DES COOPÉRATIVES ET DES ENTREPRISES SOCIALES Plaidoyer en faveur d’un pluralisme économique

Les approches économiques dominantes ont jusqu’à présent minimisé et marginalisé le rôle que jouent les entreprises coopératives et sociales dans les économies de marché contemporaines. Ce manque d’attention est certainement dû au fait qu’il est diffi cile d’appliquer aux coopératives et aux entreprises sociales deux des présupposés fondateurs des théories orthodoxes sur la micro-économie (la participation exclusive d’individus ayant à coeur leur intérêt propre, d’une part, et la maximisation des profi ts, d’autre part) comme uniques objectifs de l’entreprise. L’inadéquation entre la théorie et la réalité a mené à une sous-estimation du potentiel de croissance, du poids et du rôle des coopératives et des entreprises sociales. Les théories institutionnalistes ne sont pas parvenues non plus à expliquer la persistance et la croissance de ce type d’entreprise. Ainsi, nous proposons d’élargir les hypothèses des modèles économiques dominants et de considérer les entreprises comme des mécanismes de coordination des activités économiques, dont les parties prenantes sont motivées par des fi nalités diverses et affi chent des préférences complexes. Pour gérer cette complexité des motivations et des comportements, les coopératives et les entreprises sociales développent des modes d’organisation spécifi ques. Il est courant que les objectifs qu’elles poursuivent soient ambigus : elles peuvent envisager la propriété privée tout en ayant des objectifs de bénéfi ces mutuels et de bien commun soutenus par des préférences altruistes.

Numéro de revue: 
321
Année de publication: 
2011
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PDF icon recma321_032049.pdf199.4 Ko
Auteur(s): 
Carlo Borzaga, Sara Depedri et Ermanno Tortia

Numéro spécial de Social enterprise journal sur l'Asie du Sud Est

Coordonné par Jacques Defourny (qui en a présenté les grandes lignes lors du séminaire Addes du 31 mai 2011) et Yu-Yuan Kuan, le  Vol 7 N° 1 de 2011 du Social Enterprise Journal se pose la question de savoir s'il existe un modèle d'entreprise sociale propre à l'Asie du Sud Est. Les contributions répondent à trois objectifs :  décrire le contexte et les principaux facteurs qui expliquent l'émergence et le développement de l'entreprise sociale au sein de chaque contexte national; fournir une vue d'ensemble des diverses catégories d'organisations pouvant être considérées comme des entreprises sociales même si elles ne s'appellent pas ainsi le nom de cette façon ; identifier les défis majeurs qui se posent à ces organisations ainsi que leurs perspectives de développement.

Formes coopératives hybrides

On constate avec un intérêt croissant la transformation d’organisations du tiers secteur en organisations hybrides. Les chercheurs se sont penchés sur les processus d’« hybridation » ayant mené au développement de l’entreprise sociale, dont l’incarnation la plus remarquable est le modèle italien de la coopérative sociale. Il s’agit d’un modèle doublement « hybride », tant par son mode de gouvernance que par la diversité de ses pourvoyeurs de ressources. D’autres formes hybrides de coopératives se sont développées au cours de ces dernières années, en particulier dans le secteur des coopératives agricoles, qui ont adopté certaines pratiques des entreprises privées (par exemple au niveau des droits de vote). D’autres formes d’hybridation ont concerné les coopératives de consommateurs ou les coopératives ouvrières. Parfois, ce processus s’opère au niveau multi-organisationnel, avec le développement de structures de holding, lorsqu’une coopérative diversifie ses activités en créant une filiale ou en ayant recours à une structure d’entreprise traditionnelle.

Numéro de revue: 
320
Année de publication: 
2011
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PDF icon recma320_026042.pdf460.18 Ko
Auteur(s): 
Roger Spear

Entreprises sociales et entrepreneuriat social en Grande-Bretagne

Cet article vise à présenter la situation des entreprises sociales en Grande- Bretagne. L’auteure y décrit d’abord brièvement l’histoire du tiers secteur anglais depuis le milieu du xxe siècle et les récentes mesures spécifiquement destinées aux entreprises sociales. Les conséquences majeures de cette politique publique sont ensuite présentées : la mise en concurrence des structures et la montée en puissance du « managérialisme ». Puis la question de la structuration légale est évoquée, avec le nouveau statut de société d’intérêt communautaire, ou community interest company, et la récente création du label Entreprise sociale. L’auteure étudie enfin la figure de l’entrepreneur et montre que la logique de l’entrepreneuriat social va à l’encontre de logiques collectives et d’entraide.

Numéro de revue: 
319
Année de publication: 
2011
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PDF icon recma319_097113.pdf422.08 Ko
Auteur(s): 
Maïa Souviron

Approches européennes et américaines de l’entreprise sociale: une perspective comparative

Alors que pratiquement personne ne s’y référait il y a encore une quinzaine d’années, les notions d’entreprise sociale et d’entrepreneuriat social sont en train d’opérer une étonnante percée sur presque tous les continents. C’est en Europe et aux Etats-Unis que les travaux de recherche en la matière sont les plus avancés, mais pendant près de dix ans ils se sont développés de manière parallèle, avec peu d’interactions entre les deux régions. Dans une première partie de cet article, nous retraçons l’émergence de ces concepts des deux côtés de l’Atlantique. Ensuite, nous développons l’approche Emes, ancrée dans les réalités européennes. Enfin, nous contrastons les différentes écoles de pensée sur des aspects centraux dans les débats qui animent le champ aujourd’hui.

Numéro de revue: 
319
Année de publication: 
2011
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PDF icon recma319_018035.pdf399.7 Ko
Auteur(s): 
Jacques Defourny, Marthe Nyssens

2e Congrès du CNCress : "ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain"

Le 2e Congrès du Conseil national des Chambres régionales d'économie sociale (et solidaire), initialement prévu le 21 octobre à Nantes, s'est finalement tenu le 19 janvier 2011 pour cause de mobilisation sociale contre la réforme des retraites (donc après la 3e édition du mois de l'ESS qu'il devait en quelque sorte ouvrir). Cinq objectifs étaient annoncés, que le discours d'ouverture du Président J.-L. Cabrespines a remarquablement replacés dans les débats actuels qui agitent le(s) monde(s) de l'ESS et de l'entrepreneuriat social et leurs résonnances dans les prises de positions politiques.

L’entrepreneuriat social: du marché public au public marché, par J.-F. Draperi

Article paru dans le n°316 de la Recma (mai 2010).

D’inspiration nord-américaine, l’entrepreneuriat social est un mouvement mondial qui vient aujourd’hui bousculer le monde de l’économie sociale et solidaire (ESS) française. Avançant les idées d’ouverture, de finalité sociale, d’ambition de changement social, d’intérêt général,de changement d’échelle, l’entrepreneuriat social porté par le récent Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) incite l’économie sociale à sortir d’une forme de routine et l’économie solidaire à mieux prendre la mesure des enjeux des évolutions économiques, politiques et sociales actuelles. La présente contribution vise à comprendre le cadre historique et théorique qui fonde l’entrepreneuriat social. L’étude des relations étroites entretenues entre le monde de la Bourse et la nouvelle philanthropie qui irrigue l’« entrepreneuriat social » à l’anglo-saxonne permet de situer les origines de l’entrepreneuriat social français. Les rapports à l’aspiration égalitaire, à la construction sociale des pratiques d’entreprise, au droit et aux statuts ou encore aux grandes entreprises interdisent de superposer les conceptions d’"économie sociale" et d’"entrepreneuriat social" telles qu’elles existent en France. L’article conclut sur les conditions qui permettent d’envisager entre elles un partenariat dans le respect de leurs spécificités.