entrepreneuriat social

"Economie sociale/entrepreneuriat social": éclairer le débat par la recherche

Si le débat ouvert par l’émergence en France du concept d’entrepreneuriat social manque de clarté et confine souvent au dialogue de sourds c'est peut-être parce qu'il n'a pas suffisamment été éclairé par une tentative de réponse à une question simple et pourtant  essentielle: "De quoi s’agit?". Nous l'écrivions ici-même, en février 2010, après que Hugues Sibille, ancien Délégué interministériel à l’économie sociale, eut lancé un pavé en adressant une lettre ouverte à ses "amis dirigeants de l'économie sociale" dans laquelle il affirmait que "L’entrepreneuriat social peut permettre de rénover et faire reconnaître une Economie sociale sans rivage". Il se déclarait favorable à "une organisation réunifiée et rénovée, structure représentative nationale de l’Economie sociale et solidaire, Mouvement des entrepreneurs sociaux à cette organisation rénovée, à court terme à une démarche commune de l’économie sociale et de l’entrepreneuriat social », notamment pour la " revendication d’un secrétariat d’Etat à l’Economie sociale et solidaire rattaché à Bercy après les Régionales ». Nous écrivions alors: "Le débat promet d'être ardu. Son promotteur reconnaît lui-même que "Economie sociale et entrepreneuriat social ne sont pas synonymes" et que ce dernier doit être encore précisé".  La dispute n’a pas tardé, en effet. Et  elle n'est pas innocente. On trouve une illustration de sa vigueur dans l’analyse particulièrement éclairante, publiée par Jean-François Draperi, en février  2010: "L’entrepreneuriat social, un mouvement de pensée inscrit dans le capitalisme" (RECMA, février 2010). Pour certains acteurs de l'économie sociale - et non des moindres-, son issue risque de remettre en cause les résultats positifs de la longue lutte pour la reconnaissance du droit à l'existence d'une manière d'entreprendre qui n'est ni celle du capitalisme, ni celle de l’Etat.

Reprise en Scop, banque publique d'investissement, non au "socialwashing" et label pour les entreprises sociales: Benoît Hamon agite l'ESS

Les sorties de Benoit Hamon ne passent pas inaperçues. Le 28 juin, au Groupe Chèque déjeuner, après avoir prévenu qu'il serait "vigilant au socialwashing", comme il avait fallu l'être à l'égard du "greenwashing", il a déclaré vouloir inscrire dans une loi le droit préférentiel de reprise d'une entreprise par ses salariés, projet porté notamment par l'AP2E depuis plus d'un an, et de nouveau évoqué le lendemain lors de sa visite du Groupe Vitamine T à Lille. Le ministre espère par ailleurs obtenir une part importante des futurs crédits distribués par la Banque publique d'investissement (BPI). Une somme qui pourrait atteindre 500 millions d'euros. Mais attention, « si nous avons les 500 millions d'euros de la BPI, il faudra s'en servir beaucoup mieux que les 100 millions que nous avons obtenus du grand emprunt et qui ont été une vraie usine à gaz », prévient Claude Alphandéry dans l'article des Echos consacré au déplacement du ministre. Lors de ce passage dans une entreprise phare du Mouves, le ministre a également annoncé la création d’un label pour les entreprises de l’économie sociale et solidaires (ESS) dans le cadre de la future loi cadre de l'ESS qui devrait voir le jour en 2013. Ce label permettrait de reconnaître la spécificité du projet des entreprises sociales, en s’appuyant sur des valeurs et dépassant ainsi la seule question des statuts.

Un passeport européen pour les "fonds d'entrepreneuriat social européens"

La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen se prononcera le 31 mai prochain sur le projet de rapport présenté par Mme Sophie Auconie (PPE/FR) relatif aux fonds d'entrepreneuriat social européens : "Je crois que le critère principal, conformément à la vision du "social business" de Mohammad Yunus, doit être le suivant : une entreprise sociale est une entreprise dont l'objectif principal n'est pas de réaliser des bénéfices mais d'avoir un impact social positif.A terme, je souhaite que nous allions au niveau européen vers l'élaboration d'un label "entreprise sociale"

Intergroupe "économie sociale" du Parlement européen: le bien nommé?

Pour la Solidarité publie un très intéressant compte-rendu de la 1ère réunion 2012 de l'Intergroupe "économie sociale" du Parlement Européen, le 29 mars. Marc Tarabella, co-président de l’intergroupe, y rappelle que "l’initiative pour l’entrepreneuriat social s’inscrit dans un paquet plus large nommé «Entreprises responsables» qui comprend quatre propositions :

La sécurité sociale, l'emploi privé ou public, ne contribuent ils pas beaucoup plus que l'entrepreneuriat social à la réduction des déficits publics?

S'il y a bien une chose qu'on ne peut dénier aux entrepreneurs sociaux, c'est bien leur art consommé de la communication. Une récente étude "d'impact de l'entrepreneuriat social" de Mc Kinsey-Ashoka fait en effet le "buzz": "l'action de dix entrepreneurs sociaux soutenus par Ashoka a été quantifiée et qualifiée par McKinsey en termes de bénéfices économiques engendrés pour la société".

Etats-Unis d'Amériques: de nouveaux statuts pour l'entrepreneuriat social

Aux Etats-Unis, les entrepreneurs sociaux ne sont pas les mieux armés pour défendre les spécificités de leurs entreprises. La législation en vigueur dans la plupart des Etats est en effet peu adaptée à l’intégration d’objectifs sociaux aux activités des entreprises et la loi autorise même les actionnaires à poursuivre les dirigeants d’entreprises s’ils estiment que ceux-ci ont failli à leur tâche dans la maximisation des profits. Un article de Convergences 2015.