philanthropie

Dons, mécénats, générosité : panorama

L’Observatoire de la philanthropie (Fondation de France) a publié en septembre la seconde édition de son panorama national des générosités, qui porte sur l’année 2019 et fait ressortir plusieurs grandes tendances de long terme :
• une progression du montant global des dons des particuliers déclarés aux impôts, à rapprocher toutefois d’un nombre de donateurs en baisse (5 milliards d’euros ont été versés par 4,9 millions de foyers fiscaux de particuliers) ;

Quelle générosité durant la crise ?

Pour la 25 e édition consécutive, Recherches & Solidarités a publié en novembre son étude « La générosité des Français », portant sur les dons réalisés en 2019. Ceux-ci ont augmenté de 2,4 %, atteignant  la somme de 2,6 milliards d’euros. Le nombre de foyers donateurs a baissé de 5,9 %, s’établissant à 4,7 millions. Afin de mesurer les premiers impacts de la crise sanitaire, des données ont été collectées sur les dons des particuliers et ceux des entreprises (à partir de l’enquête du Mouvement associatif réalisée en juin 2020).

La philanthropie, un « ciment social et sociétal » ?

Les députés Sarah El Haïry et Naïma Moutchou devaient remettre un rapport sur l’évolution du cadre de la philanthropie : c’est chose faite depuis le 9 juin. Le document constitue à bien des égards une première. Tout d’abord, il contient 35 propositions sectorielles touchant aussi bien au cadre juridique (simplification des statuts des structures philanthropiques, création de fondations territoriales) que fiscal (développement des incitations fiscales vis-à-vis des donateurs).

Encourager la philanthropie à la française ?

En filigrane de ces échanges, c’est la question de la « philanthropie à la française » qui a été abordée. En France, comme l’a rappelé Gabriel Attal, « l’État participe au mécénat et à la philanthropie par la fiscalité incitatrice qui y est associée, ce qui diminue ses recettes ». De là à souhaiter que les entreprises prennent le relais des pouvoirs publics et des subventions, la pente est dangereuse.

Social Impact Bond : sortir la finance sociale de la philanthropie ?

Longtemps, financer l'action sociale a relevé de la philanthropie. Privée, ou publique. D'un côté, l'Etat ou les collectivités subventionnaient les associations caritatives, tandis que les particuliers versaient une obole, sporadique pour certains, ou institutionnalisée pour les mieux lotis. Certains ont ainsi créé de tentaculaires fondations. Tel le Wellcome Trust britannique, créé grâce à la fortune d'Henry Wellcome et qui finance la recherche médicale; ou encore la Bill et Melinda Gates Foundation fondée par l'ex-PDG de Microsoft.

"Pratiques du don. La philanthropie en France et aux États-Unis", La Vie des idées

On a longtemps opposé les modèles de philanthropie français et américain. Pour les quatre chercheurs (Anne Bory, MCF en sociologie à Paris I ; Nicolas Guilhot, CNRS; Sabine Rozier, MCF science politique à Paris Dauphine; Olivier Zunz, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Virginie) conviés à débattre par la Vie des idées, cette opposition, trop rapidement ramenée à celle entre marché et État, ne tient plus. La France, comme les États-Unis, a encouragé, certes selon une chronologie décalée et conformément à des motivations différentes, la philanthropie privée, que celle-ci prenne la forme du don, du volontariat ou du bénévolat. Aujourd’hui, la puissance publique n’a plus le monopole de l’intérêt général, et les différences entre logiques philanthropiques, entrepreneuriales et gouvernementales tendent à s’estomper.