complémentaire santé

Une mutuelle pour tous ou comment privatiser la Sécu

Des syndicats (pas tous ; voir également la pétition de la revue Pratiques) de chirurgiens, anesthésistes et internes futurs médecins libéraux battent le pavé contre l'encadrement des dépassements d'honoraires et le projet d'autoriser les mutuelles, comme cela existe pour les assurances capitalistes et les organismes de prévoyance, à constituer des réseaux de santé conventionnés. Les échanges d'arguments sont nourris (voir ici la tribune d'un anesthésiste réanimateur qui s'interroge sur le report de l'obligation de publication des frais de gestion des mutuelles) et pas toujours de très bonne foi. Claude le Pen, économiste à Paris Dauphine, nous offre dans les Echos l'occasion de prendre du recul sur l'articulation de la Sécurité sociale et des complémentaires suite à l'annonce par le président de la République d'une universalisation de la protection complémentaire maladie d'ici à 2016. Extraits

Une loi pourrait autoriser les mutuelles santé à avoir leurs propres réseaux de soins

Le groupe socialiste a déposé mardi 16 octobre à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à permettre aux mutuelles de santé de mettre en place des réseaux de santé de professionnels agréés comme les opticiens ou les dentistes pratiquant des prix moins chers. Une initiative qui intervient à la veille de l'ouverture du 40eme congrès de la Mutualité française à Nice du 18 au 20 octobre.

François Hollande promet des mutuelles pour tous en 2017

Le président de la République veut généraliser l'accès aux complémentaires santé d'ici à la fin du quinquennat. Quatre millions de Français en sont privés aujourd'hui. Il annonce une vaste remise à plat des aides et des taxes qui concernent le secteur. L'objectif fixé par François Hollande est ambitieux. D'ici à 2017, tous les Français devront avoir accès « à une couverture complémentaire de qualité » pour leurs frais de santé. Le président de la République s'exprimait samedi à Nice devant le congrès de la Mutualité française, qui fédère quelque 500 mutuelles. « Quatre millions de personnes » ne sont pas couvertes par une complémentaire santé (mutuelle, assurance ou contrat de prévoyance). Pour y remédier, le chef de l'Etat a annoncé une vaste refonte des aides et des taxes qui concernent le secteur.

Dépassements d'honoraires: l'interview du président de la FNMF par le Figaro

Étienne Caniard, le président de la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF), précise ses attentes à la veille de son 40e congrès national, à Nice. LE FIGARO. - Que proposez-vous pour que la négociation sur les dépassements d'honoraires des médecins aboutisse? 

Étienne CANIARD. - Le système est très pernicieux. De plus en plus de praticiens pratiquent des dépassements de plus en plus élevés et de plus en plus fréquemment. Cela complique l'accès aux soins et mine notre système de protection sociale en vidant de son sens les tarifs de remboursement garantis par l'Assurance-maladie. Pour certaines spécialités, comme la gynécologie ou l'ophtalmologie, les taux réels de remboursement de la Sécu sont plus près de 40% que des 70% affichés. Les mutuelles veulent inverser cette tendance. Les syndicats de médecins sont prêts à approuver un contrat d'accès aux soins qui réduise les dépassements en échange d'une hausse des tarifs remboursables par la Sécu. Nous sommes prêts à investir, immédiatement, entre 150 à 175 millions d'euros, soit la moitié de ce que l'Assurance-maladie est prête à mettre sur la table pour revaloriser les tarifs opposables.

 

"A ce stade", la taxe sur les mutuelles est maintenue. La FNMF négocie, les petites et moyennes mutuelles s'indignent

Dans une interview au Figaro lundi 1er octobre, la ministre de la Santé a déclaré lundi que la taxe Fillon d'un milliard d'euros sur les complémentaires santé était maintenue « à ce stade » dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Cette question sera abordée « dans le cadre d'une réflexion plus large sur le rôle des complémentaires santé aux côtés de l'Assurance maladie, dans le courant de l'année prochaine ». « Cela dépendra aussi de l'issue de la négociation sur les dépassements d'honoraires ». Dans le cadre du premier plan de rigueur de François Fillon en 2011, la taxe sur les contrats solidaires et responsables des mutuelles et autres complémentaires avait été doublée, passant de 3,5% à 7%, soit 1 milliard d'euros de recettes. Les mutuelles avaient engagé une grande campagne de pétition pour le retrait, signée par plus d'un million de Français. Les "petites et moyennes" mutuelles réagissent. 

Conférence: "Les mutuelles apportent une plus-value à l’Europe", 26 septembre, Bruxelles

Programme de la conférence: Ouverture et présentation du projet de rapport d’initiative sur la Société Mutuelle Européenne (Commission des Affaires Juridiques) - Luigi Berlinguer, Parlementaire européen (S&D). Contexte - Consultancy Panteia : Simon Broek : "Le rôle des sociétés mutuelles au XXIème siècle"

Harmonie Mutuelle devient le premier opérateur du marché complémentaire santé

Mutuelle Existence, Steria Val-de-France et Santévie, Prévadies et Harmonie mutuelle ont fusionné le 27 juin. Harmonie mutuelle devient ainsi le premier opérateur du marché complémentaire santé, avec 4,5 millions de personnes protégées, 35 000 entreprises adhérentes, 4 300 collaborateurs et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le changement sera visible à partir de septembre. Les 355 agences du groupe adapteront leurs enseignes à la nouvelle identité d’Harmonie Mutuelle.

La Mutuelle générale de l'économie et des finances rejoint Istya

La MGEN a formé Istya en mai 2011, avec le groupe MNH (Mutuelle nationale hospitalière), la Mutuelle nationale territoriale (MNT), la Mutuelle générale environnement et territoires (MGET) et la Mutuelle des affaires étrangères et européennes (MAEE). Ils seront rejoints au 1er janvier 2013 par la Mutuelle générale de l'économie et des finances (MGEFI) qui apportera à Istya 350 000 nouveaux assurés et 190 millions d'euros de primes. Fin 2011, avec ses 6,3 millions d’assurés, pour un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, Istya devenait le premier groupe d’assurance santé, devant Axa (société de capitaux) et le groupe mutualiste Harmonie mutualité.

Banalisation" des dépassements d’honoraires

"La situation devient intolérable et nous sommes arrivés aujourd’hui à une banalisation des dépassements", a déploré le président de la Mutualité Française, rappelant que le dépassement "moyen" des spécialistes était de 60% supérieurs au tarif conventionné. "C’est l’accès aux soins qui est ainsi mis en cause", a-t-il mis en garde. 

Pour Philippe Cuq, président de l’Union des chirurgiens de France, la pratique des dépassements résulte du "blocage depuis les années 1980" du tarif des actes médicaux. "Il existe certes un problème de juste valorisation des actes, mais il est inexact de dire que les tarifs sont bloqués depuis 1980", a rétorqué Etienne Caniard.