associations

Trajectoires associatives : premiers éléments sur la mortalité des associations

Cet article présente les résultats d'une étude sur le devenir des associations : plusieurs années après leur création, comment ont-elles évolué? La recherche conduite en 1996-1997 sur deux échantillons de cent associations, créées respectivement en 1980 et 1990, permet de distinguer trois cas de figure : associations en activité, en sommeil ou disparues, la mise en sommeil pouvant préfigurer une disparition. En s'intéressant plus particulièrement aux cas de disparition et de mise en sommeil, l'auteur éclaire un certain nombre de questions : au terme de combien d'années la cessation d'activité — définitive ou provisoire — intervient-elle le plus souvent? Quelles en sont les causes ? Quel est l'impact du facteur humain : implication des membres, contexte relationnel. ? De manière plus large, quels sont les éléments — du profil des créateurs aux caractéristiques de l'association — qui influencent la trajectoire de vie d'une association ? Sans jamais chercher à modéliser, ce texte permet d'identifier quelques facteurs qui semblent favorables à la longévité d'une association et d'avancer ainsi dans la connaissance d'une dynamique associative caractérisée par la diversité des situations. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Viviane Tchernonog

Essai de construction de profils socio-économiques d’associations

Ce texte propose une nouvelle mise en perspective de la variété des situations associatives. La démarche socio-économique adoptée caractérise toute association par son projet, mais aussi par les moyens mis en œuvre pour le réaliser. Finalité associative et données économiques peuvent alors se combiner de diverses façons, que les auteurs cherchent à appréhender. Douze indicateurs sont définis, six d'entre eux se référant aux dimensions proprement associatives — le bénévolat, par exemple -, les six autres renvoyant à des dimensions empruntées au monde de l'entreprise — comme le salariat. Si les indicateurs associatifs rendent compte d'une plus-value sociale, les indicateurs référés à l'entreprise traduisent des aménagements, c'est-à-dire la manière dont les acteurs composent avec les données économiques. Huit profils socio-économiques, résultant d'une combinaison de ces deux fàmilles d'indicateurs, sont identifiés. Quatre groupes d'associations présentent un équilibre des dimensions associatives et économiques : le développement conjoint du bénévolat et du salariat en constitue un exemple.

Quatre autres groupes laissent voir des caractéristiques dominantes qui les situent aux frontières du champ associatif : profils para-entreprise, para-administratif, para-coopératif et para-familial. Autant de profils qui illustrent la diversité des dynamiques de développement à l'œuvre. 

Numéro de revue: 
272
Année de publication: 
1999
Auteur(s): 
Danièle Demoustier et Marie-Laure Ramisse

Associations et puissance publique : nouvelle donne

Un débat fondateur de l’économie sociale reprend actuellement une nouvelle vigueur : l’articulation entre l’indépendance des organisations et le besoin de financements. Le débat est particulièrement vif et complexe dans les organisations dont l’équilibre financier est lié à la puissance publique, c’est-à-dire une large partie du mouvement associatif.

De l’association à l’entrepreneuriat social

Le rôle de l’Etat dans la structuration de l’économie sociale a toujours été l’objet de nombreux débats. Selon que l’on se situe dans la sphère associative, dans la tradition mutualiste ou dans la tradition coopérative, le rapport à l’Etat est certes différent. Mais dans l’ensemble, l’économie sociale se présente généralement comme issue de l’initiative et du droit privés et, simultanément, il est difficile de la comprendre sans la situer relativement à l’Etat. Constatant son importance, André Gueslin remarque à propos de ce lien : « Il s’agit d’une alliance temporaire conçue comme telle à la fois par les pouvoirs publics et par les bénéficiaires » (Gueslin A, L’invention de l’économie sociale, Economica, 1998, p. 411). Cette question est abordée dans le numéro 293 à partir de trois problématiques principales.