Scop

Scop et Scic poursuivent leur progression

Fin mai, la Confédération générale des Scop a publié un bilan qui atteste de la bonne santé du secteur coopératif. En 2018, les emplois dans les Scop et les Scic ont progressé de 4,5 % par rapport à 2017, ce qui porte leur nombre total à 60 400. La même année, ont été fondées 300 nouvelles Scop (dont près d’une sur deux dans le secteur des services) et 868 Scic. Le modèle Scic, qui associe des parties prenantes de natures diverses (salariés, clients, usagers, collectivités

D’une coopérative de consommateurs à la Scop Sadel : concevoir une gouvernance partagée

La Sadel (Société angevine d’édition et de librairie) est une coopérative de consommateurs spécialisée dans la librairie et la papeterie scolaires, créée autour de deux valeurs : défendre la laïcité et favoriser l’égalité des chances à l’école publique. En 2017, elle fait partie des quatre coopératives ayant survécu à la concurrence dans son secteur lorsqu’elle change de statut et d’échelle en devenant une Scop. Cette transformation a permis la mise en place d’une gouvernance partagée. Après un rappel théorique des liens entre démocratie et gouvernance, cet article met en lumière l’originalité de la transformation de la coopérative de consommation Sadel en une Scop-SAS et montre comment une entreprise de l’ESS peut réinventer sa gouvernance démocratique.

 

Numéro de revue: 
351
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Valérie Billaudeau et Patrice Moysan

La culture et l’ESS, des liens étroits méconnus

Dans un rapport rendu public fin février, le consultant Bernard Latarjet souligne que les acteurs culturels et ceux de l’économie sociale et solidaire (ESS) auraient intérêt à se rapprocher : ils partagent des valeurs et objectifs tels que nourrir l’exercice démocratique, concourir à émanciper les personnes, concilier développement économique et utilité sociale, ancrer l’action dans les territoires, soutenir l’innovation et la  création sous toutes leurs formes, etc.

Quitter le statut d’association pour celui de coopérative ?

En quatre ans, le nombre d’associations se transformant en coopératives a augmenté de 46 %. Plus précisément, entre 2012 et 2016, le nombre de Scop (sociétés coopératives et participatives) et de Scic (sociétés coopératives d’intérêt collectif) issues de transformations d’associations a crû respectivement de 34% et 53 %. Ainsi, en 2016, on comptait en France 159 Scop et 127 Scic qui étaient auparavant des associations loi 1901. Soit 286 structures (sur un parc total de 2 991) comptabilisant 4 900 emplois et un chiffre d’affaires de 217 millions d’euros.

Extension du périmètre coopératif de Moulin Roty

L’entreprise Moulin Roty est, depuis 1981, une Scop spécialisée dans la création et la commercialisation des jouets et objets du premier âge. A l’origine, il s’agissait d’une simple communauté de travail organisée autour d’un atelier de sérigraphie à Saffré, en Loire-Atlantique. Installée à Nort-Sur-Erdre depuis 1988, la coopérative emploie actuellement 79 salariés, dont 56 associés. Elle vient de transformer en Scop sa filiale logistique Moulin Roty Prestation (qui regroupe 16 employés), créant ainsi le premier groupe coopératif de l’Ouest.

1 336 jours de lutte pour une Scop

En mai 2014, après trois ans et demi de conflit avec Unilever, les salariés de l’usine de thé Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône) obtenaient de pouvoir reprendre leur activité sous un statut Scop, en bénéficiant d’un versement de 19,1 millions d’euros d’Unilever. En mai 2015, la Scopti (Société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions) était créée. Les vingt-huit salariés- fondateurs adoptèrent pour le lancement de leur marque le chiffre symbole de leur lutte : « 1 336 » jours (et nuits) d’occupation.

3e édition de Campus coopératives, l'école d'été des jeunes créateurs de coopératives. Poitiers, 27 juin-8 juillet 2016

Dédiée aux jeunes francophones de 18 à 35 ans sans condition de statut (salarié, étudiant, demandeur d’emploi), cette école internationale d’été vise à transmettre les compétences clés pour mener à bien une démarche entrepreneuriale coopérative et plus généralement à les sensibiliser à l’économie sociale et solidaire.

Réunis pendant 15 jours en équipe coopérative, les participants, encadrés par des consultants professionnels (chefs d’entreprises coopératives et experts), simulent la création d’une Scop ou d’une Scic et doivent ensemble défendre leur projet auprès d’un jury de professionnels (spécialistes de l’ESS, créateurs, financiers). En alternant ateliers méthodologiques, conférences thématiques, témoignages d’entrepreneurs et travail en groupe (30 heures), les jeunes francophones sont amenés à mettre en place un plan d’affaires coopératif réaliste et transposable et ainsi vivre le parcours d’un créateur d’entreprise.

Créée en 2008 par l’Université de Sherbrooke et le mouvement coopératif québécois, la première édition française s’est tenue en 2012 à Poitiers puis une seconde en 2014. Elles rencontrèrent un vif succès, recevant plus de 150 candidatures, et accueillant 32 participants de 11 nationalités différentes, chacune.