Notes de lecture

La politique du lien, les nouvelles dynamiques territoriales de l’économie sociale et solidaire

Xabier Itçaina (dir.), Presses universitaires de Rennes, coll. espaces et territoires, 2010, 383p.

Aboutissement de programmes de recherche et d’un colloque soutenus par la Délégation interministérielle à l’innovation, à l’expérimentation sociale et à l’économie sociale (DIIESES), cet ouvrage collectif présente 18 contributions traitant des dynamiques territoriales de l’économie sociale et solidaire (ESS) au plan local (« méso-économie territoriale ») à partir de quatre entrées complémentaires que constituent la transformation des matrices territoriales, l’impact des actions publiques, la question des finances solidaires et la place de pratiques militantes des acteurs dans le développement territorial. Si l’approche pluridisciplinaire revendiquée et la comparaison régionale ou transnationale apportent un éclairage utile à la compréhension des enjeux territoriaux, la lecture de l’ouvrage donne au lecteur le sentiment d’une juxtaposition de positions différenciées nourries par des légitimités disciplinaires et la diversité des terrains retenus.

Manifeste des pauvres

Van der Hoff F., Editions Encre d’Orient, Paris, 2010, 77 p.

Ce « petit livre jaune », comme l’éditeur se risque à le qualifier (p.7), rassemble les idées transformatrices du cofondateur du label Max Havelaar, prêtre ouvrier travaillant depuis plusieurs décennies avec des coopératives de petits producteurs de café dans le sud de l’Etat de Oaxaca au Mexique. Son intérêt est de rappeler que l’engagement à la base du commerce équitable repose à la fois sur le refus d’un système injuste (« nous continuons à protester, mais en même temps nous continuerons à proposer »), comme sur la responsabilisation de ses acteurs (« Les pauvres savent produire, survivre, vivre, lutter et s’organiser »).

Autogestion hier, aujourd’hui, demain

Lucien Collonges (coord.). Editions Syllepse, 2010.

En ces temps de débat résolument dynamique et moderne sur l’évolution de l’économie sociale vers l’entrepreneuriat social, il est délicieusement ringard de rendre compte d’un livre qui interroge l’économie sociale sur ses rapports avec l’autogestion. Autogestion, hier, aujourd’ hui, demain est un ouvrage de sept cents pages réalisé par un collectif, Lucien Collonges, très proche des Alternatifs, ce petit parti politique né en 1997 dont l’autogestion est un des quatre piliers, avec la solidarité, l’écologie et le féminisme (www.alternatifs.org).

Economie sociale et solidaire : nouvelles trajectoires d’innovation

Sous la direction de Sophie Boutillier et Sylvain Allemand. L’Harmattan, coll. « Marchés et organisation », 2010.

Cet ouvrage collectif, composé de neuf contributions, aborde l’économie sociale et solidaire (ESS) sous l’angle des nouvelles trajectoires d’innovation et d’une forme originale d’entrepreneuriat social. Une fois encore, comme dans la plupart des travaux sur l’ESS, l’ouvrage donne à voir la diversité des pratiques. Il ancre toutefois cette économie dans une perspective entrepreneuriale qui fonde pour partie l’originalité du livre et contribue à caractériser les enjeux qui traversent l’ESS aujourd’hui. On pense notamment à la question du poids de l’ESS (texte de B. Guesnier) et à sa contribution à la richesse ou plus largement au développement durable ; on pense aussi au diagnostic de ses faiblesses et particulièrement à la question des dynamiques participatives ; on pense enfin à cette dimension entrepreneuriale de l’ESS, centrale dans l’ouvrage. Il nous semble d’ailleurs que, plus que la question des nouvelles trajectoires d’innovation qui constitue le sous-titre de l’ouvrage, c’est celle des dynamiques entrepreneuriales qui prime.

La nouvelle économie sociale pour réformer le capitalisme

Daniel Hurstel. Odile Jacob, 2009.

Avec cet ouvrage, Daniel Hurstel, avocat d’affaires et maître de conférences à l’IEP de Paris, offre une réflexion juridique sur l’entreprise sociale. Si le titre peut sembler provocateur aux défenseurs de l’économie sociale, il n’en demeure pas moins que l’ouvrage est riche d’informations et de propositions qui, à défaut d’être nécessairement partagées, n’en nourrissent pas moins la réflexion et participent du débat actuel.