Les édito de Jean-François Draperi
2012, L’ANNÉE INTERNATIONALE DES COOPÉRATIVES
le dim, 29/01/2012 - 12:08L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Alliance coopérative internationale (ACI) ont décrété 2012 « Année internationale des coopératives ». L’ONU est responsable de la conception générale de l’année, l’ACI établit les priorités internationales du mouvement coopératif pour 2012. L’ Année internationale des coopératives a été lancée le mercredi 16 novembre 2011, lors de l’assemblée générale de l’ACI, à Cancun (Mexique). Un slogan y a été adopté : « Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur ».
L’ACI, association indépendante et non gouvernementale, regroupe, représente et assiste les coopératives du monde entier. Fondée à Londres en 1895, elle compte 265 membres dans 96 pays et dans tous les secteurs de l’économie. Les 776 000 coopératives qu’elle associe rassemblent près d’un milliard de personnes. Le mouvement coopératif est présent dans presque tous les secteurs de l’économie: les banques, l’agriculture, l’énergie, l’industrie, l’assurance, la pêche, le logement, la santé, le tourisme, la consommation…Les coopératives, cependant, sont plus fortes dans certains secteurs, comme l’agriculture dans les pays du Sud et les services bancaires et assurantiels dans les pays du Nord.
Un renouvellement de la recherche en économie sociale
le mar, 25/10/2011 - 14:33Une distinction classique oppose, d’une part, les recherches qui, incluant le cadre de valeurs de l’économie sociale et solidaire, mesurent la relation entre pratiques d’entreprises de l’ESS et valeurs de référence et, d’autre part, celles qui, partant des théories inscrites dans des champs disciplinaires classiques, analysent l’ESS à l’aune de cadres de pensée exogènes. Chacun à sa façon, les articles ci-dessous articulent ces deux questionnements.
Se penchant sur le management dans le secteur bancaire, Christine Marsal montre que les caractères distinctifs des banques coopératives peuvent être repérés hors de leur projet fondateur de service bancaire.
A partir de l’analyse de l’Union nationale des coopératives d’élevage et d’insémination animale, Christophe Assens définit la « coopétition » comme une forme de déplacement pertinent de pratiques coopératives au sein de relations de compétition.
Pour un lendemain qui ne déchante pas
le lun, 11/07/2011 - 16:23A n’en pas douter un nouvel esprit saisit l’économie sociale et solidaire. Les Etats généraux ont vu s’exprimer des penseurs et acteurs nouveaux dont les discours ont mis en avant une nouvelle dynamique et souligné l’importance que la société dans son ensemble prenne la mesure de l’économie sociale et solidaire. Mais de quelle ESS parle-t-on?
Un rapide constat au préalable : si les débats et rencontres ont permis de belles découvertes et de fertiles rencontres, le palais Brongniart a souvent semblé bien vaste. Au-delà du fait que l’assemblée était presque exclusivement francilienne, une large part de l’économie sociale et solidaire n’était ni présente ni représentée aux rencontres. En particulier, les grands acteurs historiques, ceux qui font peser l’ESS dans l’économie – les coopératives bancaires, les coopératives agricoles, les mutuelles de santé, les grandes fédérations d’associations des actions sanitaire, sociale ou sportive – n’étaient pas de la partie, soit parce qu’ils n’ont pas été invités, soit qu’ils n’ont pas souhaité être présents.
"Rendez-vous à la Bourse"
le mar, 03/05/2011 - 11:14Les 17, 18 et 19 juin prochain se tiendront les Etats généraux de l’économie sociale et solidaire à l’ancienne Bourse de Paris, le palais Brongniart. Les acteurs de l’ESS ont été invités à préparer cet événement par la rédaction de « cahiers d’espérance », comme autant de constats critiques et de propositions pour « mettre en mouvement », « convaincre l’opinion » et « influencer les décideurs » en faveur de l’économie sociale et solidaire. Plusieurs chambres régionales de l’économie sociale – et solidaire – se mobilisent activement pour faire remonter du terrain constats et propositions dans ce qui ressemble presque, dans certaines régions, à un second temps fort annuel avec le Mois de l’économie sociale automnal. Le grand sociologue de l’économie sociale qu’était Henri Desroche (1914- 1994) n’aurait assurément pas manqué de commenter l’événement et son annonce. Aussi nous saisissons-nous de l’occasion pour lui rendre un modeste hommage en proposant une brève lecture des états généraux à venir à partir de fragments de son oeuvre ou de ses inspirateurs.
Les frontières de l’économie sociale se sont-elles déplacées?
le lun, 31/01/2011 - 10:49Les travaux présentés lors du XXIIIe colloque de l’Association pour le développement de la documentation sur l’économie sociale (Addes), tenu le 9 novembre 2010, nourrissent le dossier de ce numéro 319. Jacques Defourny et Marthe Nyssens présentent les conceptions de l’entrepreneuriat social et de l’entreprise sociale aux Etats-Unis et en Europe. Ils soulignent qu’aux Etats-Unis les acteurs privés occupent le terrain de ce type d’entreprise selon un mode entrepreneurial et marchand. En Europe au contraire, les entreprises sociales sont soutenues par des politiques publiques en faveur de populations marginalisées ou vulnérables. Chaque situation connaît ses forces… et ses risques.
David Hiez et Rémi Laurent interrogent le lien juridique entre l’ESS et l’intérêt général : la mutualité de santé comme les associations sanitaires et sociales ont un lien fort avec l’intérêt général ; [...]
Comprendre et agir dans une société en mutation
le mar, 26/10/2010 - 13:25Le rythme du changement politique semble s’accélérer en cette fin d’année 2010 : les propositions des gouvernements de nombreux pays relatives à la santé, à l’action sociale, aux retraites, à l’enseignement public, à la culture, à l’intérêt général et à la fonction publique dans son ensemble témoignent de l’importance de la mutation en cours. La rubrique « Actualités » de ce numéro 318, particulièrement nourrie, montre comment cette mutation touche, par diverses voies, l’économie sociale et solidaire. Quelques faits tranchent par leur importance : la définition des services d’intérêt général, le rôle essentiel des collectivités territoriales, la mise en oeuvre de partenariats entre structures d’économie sociale et solidaire, la mise en concurrence croissante des activités économiques, l’évolution des formes et des sources de financement, la mise en place d’un discours nouveau sur l’entreprise et l’entrepreneuriat…
Quel droit coopératif pour demain?
le jeu, 08/07/2010 - 15:20Ce numéro 317 de la Recma comprend un dossier sur le droit coopératif, composé de quatre contributions issues du dernier Séminaire juridique du Groupement national de la coopération (GNC). Hors dossier, l’article de Fanny Darbus et Matthieu Hély se penche sur l’emploi dans l’économie sociale et plus spécifiquement sur la situation et les représentations de l’emploi associatif. Si nous disposons d’ores et déjà de bonnes études sur l’emploi associatif, le fait de se pencher sur les aspirations et les représentations des salariés est relativement neuf. Les résultats questionnent bien des idées reçues, outre celle qui déplore la perte de sens et d’engagement des salariés associatifs. Peu surprenant au fond, puisque les auteurs montrent que nombre de ces salariés sont issus de familles attachées à un service public en rétraction.
Hors dossier également, Luc Bonet confirme le retour de Proudhon en établissant une étonnante convergence entre ce dernier (Qu’est-ce que la propriété, 1848) et Ronald Coase (La nature de la firme, 1937) autour de la critique de la relation d’échange définie par la théorie économique standard. Un débat plus actuel qu’il ne paraît, puisqu’il introduit la question de la propriété de l’entreprise.
Restituer à l’ESS sa mémoire
le mer, 05/05/2010 - 14:27A l’heure où l’ESS connaît à la fois une forme de reconnaissance et un risque de division, qu’elle se penche sur sa mémoire apparaît non seulement comme utile, mais peut-être aussi comme nécessaire. Les fonds documentaires français relatifs à l’économie sociale et solidaire ont connu une histoire compliquée. Ceux relatifs à la coopération ont été réunis dans les années 70, puis divisés dans les années 90, pour devenir sinon inaccessibles, du moins difficilement consultables. Les fonds mutualistes ont bénéficié jusque récemment d’un traitement de faveur qui a permis l’expression de travaux remarquables, en particulier dans la collection "Racines mutualistes", mais subissent aujourd’hui un retrait regrettable (cf. A. Levesque, Recma, n° 285, juillet 2002, et B. Gibaud et P. Toucas dans le numéro 316). Les fonds associatifs sont dispersés. Reste un lieu qui a su maintenir une visibilité constante et récemment réunir les fonds les plus importants, comme ceux issus du grand mouvement de la coopération de consommation. Le Cedias est ce lieu.
Economie sociale et entrepreneuriat social
le lun, 08/02/2010 - 16:49L’entrepreneur social fait irruption dans le(s) monde(s) de l’économie sociale et de l’économie solidaire. On ne peut que se féliciter qu’un nouvel acteur reprenne l’essentiel des valeurs de l'ESS et revendique cette filiation. C’est notamment au travail réalisé, dans l’ombre, depuis plus de trente ans par les acteurs de l’économie sociale que l’entrepreneuriat social doit une partie de son identité. Il ne faut toutefois pas se méprendre. Cette reconnaissance s’explique aussi et surtout par l’investissement de forces économiques, sociales et politiques nouvelles: des universités américaines et de grandes écoles, des entreprises multinationales, leurs fondations, de grands cabinets de consultants, des Etats se mobilisent pour le soutenir et répondre à la soif légitime de sens au travail revendiqué par la jeunesse et particulièrement par les élèves ayant suivi de longs cursus dans des écoles souvent prestigieuses. C’est la conjonction entre une bonne idée – celle de promouvoir une économie en vue de servir la société et non de verser des dividendes – et un ensemble d’acteurs économiquement et politiquement puissants qui explique l’ascension de l’entrepreneuriat social.
L’économie sociale n’est pas un ensemble d’entreprises
le ven, 30/10/2009 - 11:43Ce numéro paraît pendant le Mois de l’économie sociale et solidaire, un mois qui prend une ampleur insoupçonnée : l’attente envers « l’économie qui sait où elle va » ne cesse de croître et l’on peut sans exagérer affirmer que cette attente dessine de façon croissante l’histoire contemporaine de l’économie sociale et solidaire. C’est donc sans doute l’heure de toutes les chances et de tous les dangers. L’attribution du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel à Elinor Ostrom pour ses travaux sur les « communs » est un témoignage insigne de l’actualité de l’économie sociale. E. Ostrom – première femme à obtenir cette distinction – a travaillé sur la propriété et la gouvernance collectives que constituent les biens communs. Ce prix intervient au moment où, partout dans le monde, des populations s’organisent pour récupérer des biens communs qui ont été aliénés (par exemple des sous-sols exploités par des multinationales).
