Articles

Vous trouverez ici la liste des articles de recherche publiés depuis 1921.
L'ensemble de la publication est en accès libre, à l'exception des deux dernières années qui nécessitent d'être abonné : http://recma.org/abonnementrevue.
Les articles peuvent également être achetés à l'unité via notre boutique qui propose le téléchargement (Il suffit pour cela de cliquer sur lien de l'article, puis de suivre la procédure. Après le paiement par Paypal, le pdf de l'article sera accessible depuis votre espace utilisateur http://recma.org/user).

Nous vous rappelons que, en libre accès ou payant, l’ensemble de ces fichiers relève de la législation française et internationale sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle. Tous les droits de reproduction sont réservés, y compris pour les documents téléchargeables et les représentations iconographiques et photographiques. La consultation ou la réception de documents n’entraîne aucun transfert de droit de propriété intellectuelle en faveur de l’utilisateur. Ce dernier s’engage à ne pas rediffuser ou à reproduire les données fournies autrement que pour son usage personnel et privé conforme aux dispositions du Code de la propriété intellectuelle.

Les dimensions coopératives du développement territorial

Cet article analyse les dimensions coopératives des processus de développement territorial et montre comment la mise en œuvre de relations de coopération contribue à leur réussite. On insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de coordination entre entreprises ou organisations productives, mais plus fondamentalement de l’implication des populations et des différentes parties locales. Après une présentation de la notion de développement territorial et du rôle joué par les relations de coopération dans les systèmes localisés de production et l’économie sociale et solidaire, est étudiée leur contribution à la production des innovations territoriales et des dynamiques de développement territorial.

 

Numéro de revue: 
364
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
André Torre

Apprendre à coopérer : expériences éducatives en Argentine et identité coopérative

Cet article présente quelques expériences éducatives argentines dans le domaine de la coopération, pour mettre en relief la grande variété des initiatives qui tendent à approfondir l’identité coopérative. Dans cette optique, l’auteure examine l’objectif et la portée spécifique des différentes expériences : 1) enseignement coopératif dès le premier cycle de l’enseignement, 2) formation à l’université, pour faire valoir l’alternative coopérative dans l’organisation de la vie économique et sociale 3)  promotion des initiatives éducatives sur la coopération par le biais de l’extension universitaire et 4) production d’ouvrages d’économie sociale dans le cadre d’une coopérative éditoriale. L’article montre que chaque nouvelle expérience de coopératives dans le domaine de l’éducation se nourrit de la précédente, enrichissant un réseau ininterrompu de réalisations structurées autour des personnes et de relations construites autour de la raison d’être de l’identité coopérative : le sens de « association et entreprise ».

 

Texte traduit de l’espagnol par Patricia Toucas-Truyen

Numéro de revue: 
364
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Mirta Vuotto

La société du commun : quelles (r)évolutions pour l’ESS ?

Les communs, en lien avec l’économie sociale et solidaire (ESS), ont connu une extension à tous les domaines de la vie en société, ouvrant une perspective nouvelle, celle de la société du commun. Alors que celle-ci devient l’horizon du dépassement du capitalisme, quelles « évolutions révolutionnaires », ou (r)évolutions, pourraient lui donner forme ? L’auteur apporte une réponse en faisant du développement des territoires en commun, caractérisés par leur infrastructure intégrale et translocale, le levier d’un remplacement du capitalisme  par les communs. Il s’interroge ensuite sur le rôle que l’économie sociale et solidaire pourrait jouer dans cette transition, tout en constatant que, à l’aune du bloc néolibéral  dominant, celle-ci se révèle divisée. C’est en prenant appui sur une « ESS en communs » qui existe déjà que l’auteur esquisse les stratégies à suivre vers l’établissement d’une société du commun.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Hervé Defalvard

Les réponses des Scic aux enjeux agricoles émergeants : panorama et dynamiques

À travers une revue de presse et son analyse textuelle par le logiciel Iramuteq, cet article propose un panorama actualisé et problématisé des sociétés coopératives d’intérêt collectif
(Scic) dans le secteur agricole. Les auteurs montrent comment, grâce au multisociétariat et à un ancrage territorial, les Scic répondent à des enjeux agricoles émergents. L’analyse menée sur la revue de presse permet notamment de mettre à jour quatre enjeux contemporains du secteur face auxquels la Scic semble porteuse d’innovations. Sont ainsi identifiés : la diversification du secteur agricole vers les énergies renouvelables ; la transition des filières vers l’agriculture biologique et les circuits courts de proximité ; l’affirmation de la gouvernance démocratique de collectifs de producteurs ; l’accès au foncier agricole ainsi que les stratégies relatives à l’installation des nouvelles générations et des néoruraux.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Natalia Suarez, Pierre Triboulet, Charlène Arnaud, Pascale Château Terrisse

Quelles ressources et compétences pour réussir la stratégie de diversification d’une coopérative agricole ?

Face aux difficultés récurrentes en matière de revenus, les coopératives agricoles françaises ont fait le pari de la diversification. Les facteurs de réussite de leurs stratégies en la matière sont peu étudiés, ce qui freine d’autant leur compréhension. En prenant appui sur la théorie des ressources, les auteurs dégagent quatre grandes stratégies de diversification des coopératives agricoles. Ils montrent que leur réussite dépend de la capacité de la coopérative mère à identifier les ressources et les compétences sur lesquelles elle peut s’appuyer pour bâtir une stratégie créatrice de valeur. Ils soulignent également les difficultés de pilotage que ces stratégies génèrent pour les dirigeants élus. Difficultés qui peuvent se traduire par une perte de contrôle et d’influence.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Bertrand Valiorgue, Émilie Bourlier-Bargues, Xavier Hollandts

Le supermarché social et solidaire : un nouvel acteur dans la lutte contre la pauvreté et le chômage en Suède

Le secteur associatif suédois s’impose, depuis peu, comme acteur complémentaire des politiques sociales, en fournissant des prestations alternatives de qualité aux populations précarisées. Ce positionnement nouveau des associations suppose une professionnalisation de l’action sociale. A partir d’un travail en immersion dans le supermarché social et solidaire Matmissionen, l’auteur cherche à analyser les effets de la professionnalisation du secteur associatif et de l’importation d’une logique marchande dans la pratique et la perception du travail social, en puisant dans les discours tenus par la structure sur elle-même. L’article montre en quoi ce processus s’inscrit dans un cadre plus global d’activation de la protection sociale et des mécanismes d’aide : une position ambiguë qui redéfinit les contours de la relation d’aide et de la relation aux pouvoirs publics.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Yacine Boukhris-Ferré

Les coopératives à Essaouira : quelle contribution territoriale ?

Les produits du terroir se construisent sur la base des ressources ancrées dans un territoire. La valorisation et la marchandisation de ces ressources dites « spécifiques ou territoriales » contribuent à dynamiser en interne l’économie locale, ce qui favorise la création de la valeur ajoutée territoriale. À travers une recherche qualitative et à caractère netnographique, les auteurs cherchent à rendre compte de la contribution de l’intentionnalité opératoire des coopératives à la valorisation du patrimoine d’Essaouira au Maroc, tout en étudiant l’impact de leurs activités sur l’économie locale. Les premiers résultats de cette recherche montrent l’importance de la mobilisation conjointe de l’ensemble des parties prenantes du territoire pour rendre possible tout projet territorial.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
Tariq Laajini, Hicham Jekki

De la démocratie de l’atelier à l’atelier démocratique : une esquisse historique de la coopération de production en Grande-Bretagne

Le mouvement coopératif britannique est l’un des plus anciens et structurés au monde. Il doit ce succès à son modèle de développement fédéral assis sur un dense réseau de coopératives de consommation. Au milieu du XX ème siècle, 1 070 sociétés de consommation cumulaient des ventes de plusieurs centaines de millions de livres et 10 millions de membres. Pourtant, la coopération de production a pratiquement sombré dans l’oubli. Ce paradoxe, sans être propre à la Grande-Bretagne, y est saisissant. Il s’explique par une stratégie d’intégration précoce et une hostilité idéologique. Outre-Manche, l’existence des coopératives de production s’est longtemps résumée à des cycles de repli et de résurgence sous des formes diverses, ce qui complique leur analyse. Tout en restant marginales dans une économie capitaliste, elles ont connu un regain de popularité dans le contexte bouleversé des années 1970.

 

Numéro de revue: 
363
Année de publication: 
2022
Auteur(s): 
François Deblangy

Les passeurs de l’économie sociale et solidaire au Burkina Faso : acteurs, voies et modalités

Cet article analyse les contextes d’émergence du concept et des pratiques de l’économie sociale et solidaire (ESS) au Burkina Faso. À partir d’enquêtes de terrain menées auprès des  réseaux de promotion de l’ESS dans ce pays, l’auteur montre que celle-ci résulte d’un processus de transfert des formes d’organisation de l’économie sociale importées par   l’administration coloniale, qui s’inscrivaient dans une logique de domination et d’exploitation. Lors de l’Indépendance, l’État postcolonial s’est engagé sur un « sentier de dépendance  » en instrumentalisant lesdites organisations au service de ses objectifs de développement. Dès les années 2000, on observe une nouvelle  modalité de transfert de l’ESS  moins caractérisée par la coercition. Ce processus a été initié par  des universitaires et des acteurs de la société civile, sous l’influence d’organismes de coopération internationale.

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Hamza Kouanda

Ressorts et dynamiques de l’économie populaire : une lecture à partir du Sénégal

Né en Occident, le vocable « économie sociale et solidaire » est de plus en plus utilisé dans le contexte africain sans que ne soient interrogés ses soubassements épistémologiques et historiques. Face à ce  constat, l’auteur choisit de positionner dans le champ de l’économie populaire les initiatives d’autopromotion socio-économique portées par une diversité d’acteurs populaires, souvent en situation de  vulnérabilité, qui s’investissent dans le système de production/distribution à travers une logique écosociale. Cet article, fondé sur une approche combinant épistémologie et sociologie économique, s’appuie sur  es études de cas relevant de l’entrepreneuriat communautaire. Il révèle  les ressorts spécifiques et la performance plurielle de l’économie populaire, toutefois fragilisée par sa gouvernance organisationnelle et un cadre institutionnel et stratégique qui n’incite pas à la reconnaissance de son caractère différentiel.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Sambou Ndiaye

Biographies relationnelles d’entrepreneures sociales au Sénégal

Les études sur l’économie sociale et solidaire (ESS) accordent beaucoup d’intérêt aux opportunités de pouvoir et d’émancipation qu’offrent les initiatives féminines. Mais rares sont celles qui prennent en compte la multiplicité des ancrages féminins dans des espaces de production et de reproduction des rapports entre hommes et femmes. Ce travail étudie, au prisme des parcours professionnels, le rôle des réseaux relationnels dans la construction de la figure de l’entrepreneure sociale, et ses implications dans les rapports de genre. À partir d’une approche biographique, cet article montre, d’une part, l’encastrement des parcours professionnels dans des liens multiples impliquant le recours (ou le renoncement) à des liens anciens et nouveaux (familiaux, associatifs, y compris religieux et politiques) à différents niveaux (professionnel, personnel, institutionnel) et, d’autre part, la diversité des figures d’entrepreneures sociales, qui révèle des chemins multiples et corrélés d’émancipation négociée.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Sadio Ba Gning

L’entrepreneuriat coopératif, levier du développement territorial dans les régions septentrionales du Cameroun

Cet article s’intéresse à la contribution de l’entrepreneuriat coopératif au développement des territoires dans les régions septentrionales du Cameroun. Il s’appuie sur les données primaires et secondaires collectées auprès de quatre coopératives agricoles et de différents acteurs intervenant dans le développement agricole local. Les résultats révèlent que la dynamique entrepreneuriale coopérative suscite beaucoup d’intérêt chez les agriculteurs et contribue au développement humain, économique et territorial. Pour assurer la pérennité de ce mouvement, il faut que la puissance publique définisse mieux la politique agricole nationale, régionale et même locale. L’État camerounais et les collectivités territoriales décentralisées doivent davantage s’impliquer dans le mouvement entrepreneurial coopératif, afin d’en faire un véritable levier de développement des territoires.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Armel Gilles Mewouth Thang

Les faillites des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit au Niger

Cet article a pour point de départ le constat inquiétant de la réduction drastique du paysage de la microfinance au Niger au cours de la décennie écoulée. Sur plus de 300 institutions de microfinance (IMF)  créées depuis 1993, 39 seulement étaient encore en activité en 2020. L’engouement suscité par les IMF à partir de la décennie 2000 a fait place aux crises et aux faillites. Les auteurs tentent d’apporter des  explications à cette situation en explorant trois pistes de réflexion : l’existence de risques importants (défaut de paiement, détournement des fonds, incapacité d’autofinancement), une défaillance de la  gouvernance et des problèmes d’agence, un jeu d’acteurs défavorable à l’épanouissement de la microfinance. L’accent est mis sur les institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit  (Imcec), qui sont les plus nombreuses et les plus touchées par les faillites.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Ahamadou Maichanou, Youssoufou Hamadou Daouda

Les fruits tiennent-il les promesses des fleurs ? Une analyse des pratiques de microcrédit de l’UM-Pamecas au Sénégal

Cet article s’intéresse aux impacts économiques et sociaux des microcrédits sur l’autonomisation des femmes de l’Union des mutuelles-Partenariat pour la mobilisation de l’épargne et le crédit au Sénégal  (UM-Pamecas). En effet, les femmes des pays d’Afrique subsaharienne ont tenté de répondre aux conséquences des programmes d’ajustement structurel (PAS) en investissant en nombre le secteur informel.  C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’introduction de la microfinance dans les  dispositifs de financement de l’entrepreneuriat féminin. L’analyse du mode de fonctionnement del’UM-Pamecas montre   que cette institution a délimité un champ mettant en présence des représentations, des pratiques, des stratégies et des acteurs susceptibles de l’éloigner des objectifs proclamés de la microfinance (lutte contre la pauvreté, promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes).

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Ndèye Faty Sarr, Marie Fall

Susciter la mise en débat démocratique et citoyenne des données chiffrées sur l’Economie sociale et solidaire

Au cours des deux dernières décennies, la mesure du poids de l’économie sociale et solidaire (ESS) a suscité un intérêt croissant de la part de divers acteurs aux niveaux national et international, sur la base de méthodologies et de cadres de référence diversifiés qui ne sont pas toujours clairement identifiés ni questionnés par ceux qui les utilisent, alors même qu’ils véhiculent parfois des normes implicites. Les auteurs analysent les questions soulevées par la mesure de l’ESS au niveau national français, puis examinent la complexité qui caractérise cette question au niveau international où s’agrègent des référentiels et normes encore plus variés. Cet article explique pourquoi les données doivent être coproduites et sous-tendues par une réflexion sur leur usage afin d’être réellement utiles aux différents acteurs et organismes qui s’y réfèrent, ainsi qu’aux citoyens.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Éric Bidet, Nadine Richez-Battesti

Vers des comptes-satellites nationaux « tiers-secteur et économie sociale » construits selon le handbook 2018 de l’ONU ?

Après avoir rappelé l’intérêt d’un compte-satellite ancré dans la comptabilité nationale pour comparer dans le temps et l’espace les organisations de l’économie sociale, cet article retrace l’historique du handbook 2018 de l’ONU qui propose une méthodologie d’élaboration du compte satellite prenant en compte les critiques adressées au manuel de 2003 (qui ne concernait que les institutions sans but lucratif). Les auteures analysent les principaux concepts du handbook « tiers-secteur et économie sociale » de 2018 du point de vue de la France où un compte-satellite de l’ESS est en cours de construction à l’Insee, et soulignent la proximité entre le périmètre de l’ESS selon la loi de 2014 et selon ce handbook 2018. Enfin, elles présentent le compte-satellite modulaire du Portugal comme un exemple de bonne pratique, avant d’esquisser en conclusion les usages qui pourront être faits à l’avenir de la mise en place généralisée d’un tel outil.

 

Numéro de revue: 
362
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Édith Archambault, Ana Cristina Ramos

Actualité et dépassement du « Manifeste »

Une introduction au texte de Charles Gide, 1921, « Le Manifeste coopératif des intellectuels et universitaires français », REC, n° 1, p. 7-14.

Dans ce manifeste, Charles Gide présente sa vision de la coopération. Selon le cofondateur de la Revue des études coopératives, la coopération peut offrir un programme général de reconstruction sociale. Les coopératives sont des « laboratoires d’expérimentation sociale », ainsi que les nommait Jean Jaurès. Plutôt qu’un programme, ce sont des « orientations » qui peuvent être données, en raison même du fait que la coopération est un « mouvement ». Gide souligne ici la singularité économique majeure des coopératives : elles montrent que ni le profit ni la concurrence, que l’économie politique considère comme inéluctables, ne sont indispensables au succès d’une entreprise. Ces coopératives, ce sont celles de consommateurs. Alors que les producteurs sont « nécessairement préoccupés par des intérêts professionnels et corporatistes », les consommateurs « ne peuvent avoir d’autres intérêts que ceux de tout le monde. Ces coopératives de consommateurs ont donc qualité pour devenir des organes de l’intérêt public, allégeant ainsi le rôle de l’État, qui s’est montré tout à fait au-dessous de sa tâche, tout au moins dans l’ordre économique ».

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Jean-François Draperi

Le consommateur, clé de voûte d’un nouvel ordre économique et politique

Une introduction au texte de Bernard Lavergne, 1936, « La rénovation des sciences sociales et de l’ordre économique par l’idée du consommateur », REC n°58 (1), p. 97-120.


Bernard Lavergne (1884-1975) est l’une des chevilles ouvrières du mouvement coopératif français au XX e siècle, et plus encore de la Revue des études coopératives (REC). Des années 1910 aux années 1960, on le retrouve dans toutes les grandes initiatives. Économiste, agrégé en droit, il fut professeur dans plusieurs universités
avant d’intégrer la chaire de coopération à l’université de Paris après la Deuxième Guerre mondiale. Il fut l’un des fondateurs de la REC et la dirigea jusqu’en 1960, soit pendant plus d’un tiers de son existence.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Maryline Filippi, David Hiez

Coopération et syndicalisme : le trépied FNCC, CGT et SFIO durant l’entre-deux-guerres

Une introduction au texte d’Ernest Poisson, 1936, « L’application des contrats collectifs entre organisations coopératives et leurs personnels », Recma, n° 58 (1), p.144-153.

Ce texte d’Ernest Poisson sur la nature des contrats collectifs signés entre les sociétés coopératives et leur personnel est remarquable à plus d’un titre. Rappelons tout d’abord le thème dont il traite : les positions que doit prendre le personnel des sociétés coopératives en cas de grève. Soulignons ensuite qu’il approfondit une question déjà abordée par une composante du mouvement coopératif. En effet, en 1921, la Chambre consultative des associations ouvrières de production avait signé un accord avec la CGT confédérée, stipulant que les coopérateurs, sans être tenus de faire grève en cas d’action syndicale, devaient verser une partie de leur salaire au fonds de grève. Les coopératives étaient également tenues d’appliquer rétrospectivement les revendications obtenues et de respecter le monopole syndical d’embauche. Ce que propose Ernest Poisson en 1936 s’inscrit dans cette démarche.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Michel Dreyfus

Vers un concept unitaire du secteur coopératif

Une introduction au texte de Georges Fauquet, 1935, « Rapport sur le secteur coopératif. Essai sur la place de l’homme dans les institutions coopératives et sur la place de celles-ci dans l’économie », REC n° 54(1), p. 82-167 (p. 82-98 pour l’extrait publié).

Georges Fauquet (1873-1953), médecin de formation, coopérateur dès son plus jeune âge, est nommé inspecteur du travail en 1905, contrôleur des retraites ouvrières et paysannes en 1911, puis sous-directeur des Assurances sociales et du Travail en Alsace en 1919. En 1920, il est appelé au Bureau international du travail (BIT) par Albert Thomas, en tant que chef du bureau sur la Coopération, poste qu’il occupera pendant treize ans. À ce titre, il a été un observateur attentif des mouvements coopératifs dans différents pays, en s’appuyant sur les méthodes inductives héritées de ses études médicales. Il revisite donc les doctrines coopératives (celles de Charles Gide et de Bernard Lavergne, notamment) au regard du contexte du début du XX e siècle.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Danièle Demoustier

Démocratie libérale, régime autocratique ou pays en développement : trois contextes pour la coopération

Une introduction au texte de Diva Benevides Pinho, 1963, « La coopération en régime capitaliste et en régime socialiste », REC, n° 131(1), p. 37-47.

De 1952 à 1953, Diva Pinho a suivi le cours de Bernard Lavergne sur les institutions et les doctrines coopératives à la faculté de droit de Paris. Sans doute a-t-elle pu assister aux cours d’économie politique de Raymond Barre, d’André Marchal (systèmes et structures économiques), de M. Niveau (histoire de la pensée économique) et de Maurice Duverger (institutions politiques et droit constitutionnel). Ceci explique l’approche strictement juridique et institutionnelle de son article autour des trois mots-clés qui le structurent – coopération, régime capitaliste et régime socialiste – et qui lui permettent d’estimer qu’a priori « les institutions étatiques des pays socialistes (révolutionnaires) sont les plus adaptées au projet d’un coopérativisme intégral ». Mais sous réserve d’un inventaire minutieux des textes constitutionnels et de la modification éventuelle de « la partie proprement doctrinale du coopérativisme ».

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Maurice Parodi

Dynamiser les pratiques coopératives au Sud

Une introduction au texte d’Henri Desroche, 1986, « “L’autobiographie raisonnée” comme autoformation », Recma, n° 18(2) p. 70-78.

Cette contribution d’Henri Desroche est la reproduction partielle d’un article qu’il a précédemment publié dans les Archives de Sciences sociales de la coopération et du développement. Il s’agit d’un texte très concret, décrivant la pratique d’un entretien et présentant un bref récit de vie et un plan de mémoire à venir. Son contenu détonne dans les publications habituelles de la Revue des études coopératives (REC), fondée et animée par des économistes et des universitaires. Quel intérêt la REC avait-elle à publier un texte aussi peu conceptualisé et dont l’objet ne semble avoir qu’un lointain rapport avec les coopératives ?
Cette introduction entend montrer que ce texte, quoique peu universitaire, a une portée universelle qui intéresse de très près le mouvement coopératif international. Pour comprendre son importance, il faut préciser les conditions dans lesquelles il a été conçu.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Jean-François Draperi

L’économie sociale à la croisée de ses relations avec l’Etat

Une introduction au texte de Claude Vienney, 1985, « L’organisation coopérative comme instrument de politique économique », REC, n° 16(1), p. 55-64.

Au 4 e trimestre de 1985, la Revue des études coopératives, devenue depuis la Recma, publie un dossier sur « l’économie sociale dans la nouvelle donne de l’économie ». On y trouve, aux côtés des articles d’André Piatier (« Y a-t-il de nouveaux champs pour la coopération ? »), de François Sellier (« Une forme d’économie collective : l’association »), d’Albert Pasquier (« L’osmose de l’économique et de l’“autre domaine” »), de Jean Lacroix (« L’économie sociale sans profondeur ») et d’Antoine Antoni (« Pour une réflexion sur l’économie sociale »), celui de Claude Vienney intitulé « L’organisation coopérative comme instrument de politique économique ».
Commenter ce dernier texte à l’occasion de ce numéro spécial célébrant le 100 e anniversaire de la Recma est un privilège impossible à refuser, qui incite à l’humilité. En effet, Claude Vienney a eu une influence considérable. Dans la sphère de la socio-économie, il a développé un « dispositif d’analyse » (comme il le disait avec modestie) des activités, des agents et de leurs règles, dont la portée théorique a été et demeure remarquable.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Marie-Claire Malo, Annie Camus

Des dynamiques nouvelles en réponse au risque de la banalisation

Une introduction au texte de Jacques Moreau, 1991, « De la banalisation de l’économie sociale », Recma, n° 37(1), p. 8-11.

À la fin des années 1980, le grand mouvement de libéralisation de l’économie est en marche, et cette évolution – souhaitée par les uns et crainte par les autres – prend à revers l’ESS, dont les entreprises ont tendance à se focaliser sur les produits et les services au détriment du fonctionnement coopératif (sociétariat et démocratie coopérative). Comme si la standardisation des conditions de production des biens et des services devait nécessairement entraîner une banalisation des coopératives ou des mutuelles.

La tribune de Jacques Moreau (citant la position d’Étienne Pflimlin, alors président du Crédit mutuel, qui explique comment son organisation incarne « l’anti-banalisation ») rappelle fort opportunément que la thématique de la banalisation fait partie des controverses qui jalonnent l’existence de l’ESS, dès lors que les entreprises de ce secteur s’adaptent aux marchés dans lesquels elles opèrent.

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Chantal Chomel

Questionner le concept d’économie sociale et l’entreprise de l’ESS

Une introduction au texte d’André Chomel, 1990, « La problématique émergence de l’entreprise d’économie sociale au XIX e siècle », Recma, n° 33, p.28-32.

Élément d’un dossier intitulé « Du contrat participatif », ce court texte d’André Chomel 1 est intéressant à plus d’un titre. Rappelons tout d’abord qu’il paraît au moment où l’on s’apprête à fêter le dixième anniversaire de la Charte de l’économie sociale du CNLAMCA (1980), premier document institutionnel tangible accompagnant en France le renouveau du concept d’économie sociale après une longue éclipse de plusieurs décennies. 1989 est également l’année où la Revue des études coopératives étend son périmètre au-delà des coopératives et devient la Recma.

L’intitulé « économie sociale » apparaît en 1990 sur la couverture de la revue, qui se présente en 1995 comme la « revue internationale de l’économie sociale ». L’économie sociale se reconstruit en France depuis les années 1970, et l’évolution de la revue s’inscrit dans ce contexte, de même qu’elle reflète le déclin des coopératives de consommateurs, qui en ont été le principal acteur depuis sa création en 1921.

 

Numéro de revue: 
361
Année de publication: 
2021
Auteur(s): 
Eric Bidet