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La gestion intégrée de l’eau des retenues collinaires en Algérie : reflet d’une gouvernance territoriale en devenir ?

Cet article étudie le rôle des associations d’irrigants en tant qu’acteurs indispensables de la gestion intégrée de l’eau des retenues collinaires en Algérie, avec un focus sur la wilaya d’Aïn
Defla. Un projet de recherche-action mené avec l’Institut national de la vulgarisation agricole (INVA) a permis de déterminer les facteurs qui empêchent les agriculteurs de participer à la gestion intégrée de l’eau des retenues collinaires - pourtant outil de la politique de l’eau et de la stratégie de développement rural. L’article s’intéresse aux raisons des dysfonctionnements de ce type de gouvernance territoriale impulsée par les pouvoirs publics, qui promeut l’implication des agriculteurs dans des structures d’économie sociale, en lien avec les collectivités locales et des représentants des institutions publiques.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Karima Boudedja, Saliha Belgacem

Boom associatif en Algérie : réalité ou illusion démocratique ?

Cet article étudie les évolutions du mouvement associatif en Algérie. Après une présentation du cadre législatif existant et de ses évolutions récentes, les auteurs questionnent les initiatives mises en place par l’État à l’égard des associations ainsi que les difficultés économiques, sociales et sociétales qui peuvent les entraver. Sur la base d’un échantillon de 145 associations nationales, les auteurs ont mené une étude exploratoire pour analyser les résultats des actions de l’État sur la répartition, la croissance et la diversité de l’activité associative algérienne. Leur étude montre que la politique de démocratisation proposée par l’État algérien en faveur du secteur associatif est un voile d’illusion qui tente de masquer les mécanismes de contrôle et de restriction de la liberté associative.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Sonia Bendimerad, Amina Chibani, Kamel Boussafi

Le rôle des réseaux d’acteurs dans la structuration du champ de l’ESS en Tunisie entre 2011 et 2016

Cette recherche se veut une contribution à l’étude de la structuration de l’ESS dans un contexte de transition institutionnelle et politique en Tunisie. Elle s’appuie sur une méthode qualitative combinant deux niveaux d’analyse. Tout d’abord, la construction de ce champ est étudiée sous l’angle de ses indicateurs et de son processus de structuration. Ensuite, les auteures s’intéressent au rôle structurant des réseaux d’acteurs de l’ESS. Elles mettent en exergue le rôle de l’entrepreneur institutionnel dans la construction de nouvelles normes (projet de loi et conception des leviers du développement économique). L’article montre également que l’ensemble des liens entre les organisations de l’ESS, les ONG et l’Etat, peut être conceptualisé comme un capital social qui jouerait un rôle déterminant dans la structuration du champ de l’ESS.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Rabeb Ben Abdallah, Amina Béji-Bécheur, Olfa Zeribi

Stratégies de solidarité paysanne et valorisation récente du zgougou dans le Haut Tell tunisien

L’exploitation du zgougou (graines de pin d’Alep) fait l’objet d’une concurrence entre les paysans des territoires montagneux du Haut Tell tunisien. Les groupes de cueilleurs ont adopté plusieurs stratégies de compromis avec la population pour permettre à cette dernière d’y participer. La solidarité entre les exploitants leur permet de dépasser les contraintes juridiques et les difficultés de vie dans les campements provisoires, et d’assurer la bonne organisation du travail. Ils ont ainsi pu s’affranchir en partie de la dépendance à l’égard des commerçants qui leur accordaient des avances au titre de la récolte. Cependant, malgré leurs savoir-faire et leur solidarité, qui apparentent la filière à une forme d’économie sociale en émergence, ils se trouvent confrontés aux conséquences de la diminution des surfaces exploitables sur les relations d’exploitation et de commercialisation.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Hamza Ayari

L’entrepreneuriat social à Sidi Bouzid, un modèle de développement alternatif ? Le cas de Lingare Sidi Bouzid

En Tunisie, l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) s’est imposée comme une variable incontournable du redressement économique post-révolutionnaire. A Sidi Bouzid, Lingare est une association qui promeut l’Entrepreneuriat Social, un secteur qui revêt une importance particulière pour les gouvernorats de l’intérieur de la Tunisie, dans un contexte socio-économique difficile. Ce travail met en perspective la multiplicité des paradoxes auxquels les acteurs font face. Il s’agit ici de déconstruire le sens qu’a la notion d’alternative de développement dans le contexte de Sidi Bouzid, pour mieux rendre compte de sa singularité : en rupture avec les modes de développement de l’ancien pouvoir, les acteurs revendiquent la diversité économique y compris par l’appropriation et l’arrangement d’outils orthodoxes.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Julien Dutour, Hassan Hajbi

Logique d’acteurs et régulation dans le champ de la microfinance marocaine : vers une commercialisation croissante

En microfinance, deux logiques se confrontent et parfois se conjuguent. Une logique plaçant les équilibres financiers, voire la profitabilité, au centre des préoccupations des institutions de microfinance, et une logique de solidarité privilégiant la mission sociale de lutte contre la pauvreté. Cet article étudie les évolutions récentes de la microfinance marocaine, orchestrées par les grandes institutions du secteur et menées par les pouvoirs publics, pour montrer qu’elles consacrent une orientation de plus en plus commerciale. L’analyse de ces évolutions permet de révéler les enjeux et les logiques qui animent les acteurs formant le champ de la microfinance au Maroc.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
Auteur(s): 
Asmae Diani

Loi Egalim : quel avenir pour les spécificités des coopératives agricoles ? Une lecture juridique de dispositifs entre renforcement du secteur et banalisation

Les États généraux de l’alimentation, initiés par le gouvernement, ont réuni fin 2017 et début 2018 toutes les parties prenantes de cette thématique dans des ateliers : agriculteurs, mais aussi industriels, distributeurs, ONG et membres de la société civile.

Objectifs : réfléchir à des mesures susceptibles d’améliorer le revenu des agriculteurs au titre de leur production et favoriser la montée en gamme et en qualité de leurs productions pour aller vers une alimentation plus saine.
La loi n° 2018-928 du 30 octobre 2018 « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous », dite « loi Egalim », est issue de ces États généraux. Afin de répondre à l’objectif de meilleure rémunération des agriculteurs – et comme la faiblesse de leurs revenus est corrélée à la pression exercée par la grande distribution, très concentrée autour de quelques acteurs et déterminée à mener une politique de prix bas pour les consommateurs –, la loi introduit une inversion dans la construction du prix. Celui-ci devra émaner de l’agriculteur et prendre en compte les coûts de production, en s’appuyant sur des indicateurs de référence élaborés par les interprofessions ou l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. On peut noter que cette notion de « coûts de production » figure déjà dans la définition du commerce équitable résultant de la loi ESS de 2014.

La loi Egalim contient également des dispositions importantes en faveur d’une alimentation plus saine, à travers notamment le levier constitué par la restauration collective dont les personnes morales de droit public ont la charge : cantines scolaires, hospitalières, etc. La loi introduit enfin des dispositions contre le gaspillage alimen-taire en autorisant les dons des industriels et de la grande distribution aux associations. Sont également ajoutées des dispositions relatives au bien-être animal ou encore à la réduction des déchets plastiques.

Numéro de revue: 
354
Année de publication: 
2019
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PDF icon les spécificités des coopératives agricoles ?146.84 Ko
Auteur(s): 
Chantal Chomel