La philanthropie, un « ciment social et sociétal » ?

Les députés Sarah El Haïry et Naïma Moutchou devaient remettre un rapport sur l’évolution du cadre de la philanthropie : c’est chose faite depuis le 9 juin. Le document constitue à bien des égards une première. Tout d’abord, il contient 35 propositions sectorielles touchant aussi bien au cadre juridique (simplification des statuts des structures philanthropiques, création de fondations territoriales) que fiscal (développement des incitations fiscales vis-à-vis des donateurs). Surtout, il s’interroge sur la place de la philanthropie dans une société de l’engagement, proposant d’en faire « une véritable politique publique » : la philanthropie est présentée en introduction comme un « ciment social et sociétal » – ce qui relève d’une vision plus anglo-saxonne que française, du moins jusqu’à présent.
France Générosités, qui représente les fondations et associations faisant appel à la générosité pour se financer, appelle le gouvernement à se saisir de ce rapport et à renouer avec l’ambition initiale du programme « En Marche » de développer la philanthropie. « Nos organisations, associations et fondations d’intérêt général se sont mobilisées dès les premiers jours de la crise de la Covid-19 pour répondre aux besoins exceptionnels nés de cette urgence. Nous avons, quelle que soit la cause que nous défendons, assuré plus que jamais la continuité du lien social dans notre pays et à l’international. Ces actions exceptionnelles demandent des ressources exceptionnelles. Ces ressources ont principalement été issues de la générosité des Français », analyse l’organisation.