La Nef réaffirme sa volonté de voir naître une banque éthique en France

Le 28 mai dernier, la Société financière de la Nef tenait son Assemblée Générale annuelle. A cette occasion, les quelque 28 000 sociétaires de la coopérative ont pu valider les résultats de l’année 2010 et confirmer leur volonté de voir naître, en France, une banque éthique de plein exercice.

250 sociétaires de la Nef étaient réunis le samedi 28 mai dernier à Barjac, dans le Gard, lors de l’Assemblée Générale annuelle de la coopérative. A cette occasion étaient présentés les résultats de 2010, année caractérisée par un contexte de taux très bas et un ralentissement de l’activité Crédit, mais également par une forte mobilisation de l’épargne citoyenne.

Une mobilisation citoyenne grandissante

En 2010, le total de la collecte de la Nef a été porté à plus de 288 M€. Néanmoins seuls 206 M€ ont pu être utilisés en raison du contexte très défavorable du taux. Malgré ce contexte, le résultat net est resté légèrement positif à 31 386,35 €. L’activité de collecte a bien progressé : l’encours des comptes à terme a augmenté de 25 % pour s’établir à 74 M€, de même que le montant du capital qui atteignait 24 875 160 € au 31 décembre.

Parallèlement à cette croissance importante de la collecte, le nombre de sociétaires a lui aussi fortement progressé : au 31 décembre 2010, la coopérative comptait ainsi 27 135 sociétaires, contre 24 469 en 2009 à la même date. En rejoignant massivement la Nef, les citoyens ont ainsi témoigné de leur confiance dans le projet de la coopérative tout en marquant leur volonté de voir naître, en France, une banque éthique de plein exercice. Ils l’ont d’ailleurs ré-affirmé en votant « Oui » à plus de 94,8 % à la poursuite des travaux engagés en faveur de la création d’une banque éthique indépendante de tout groupe bancaire.

Des outils en faveur de la préservation et de l’enrichissement des biens communs

A la veille de l’Assemblée Générale 2010 de la Nef s’est également tenue à Barjac l’Assemblée Générale de Terre de liens. Rendue célèbre par le film de Jean-Paul Jaud « Nos enfants nous accuseront », Barjac est devenue un symbole de résistance, l’illustration d’un passage à l’action en vue de la préservation des biens communs. C’est donc naturellement que cette petite commune du Gard avait été choisie pour être le théâtre de l’expression des synergies entre la Nef et Terre de liens.

Car si la Nef agit au coeur des circulations financières pour proposer une gestion socialement et écologiquement responsable de l’épargne citoyenne en France, son action s’inscrit au sein d’un mouvement plus large composé de structures oeuvrant toutes en faveur de la préservation et de l’enrichissement des biens communs : Terre de liens, pour l’accès au foncier agricole, Énergie Partagée pour la promotion et le développement des énergies renouvelables, etc. Leur objectif : créer des outils financiers permettant aux citoyens responsables de « se mettre en mouvement pour alerter la société et organiser la protection des biens communs ».

Lire "De la Nef (Nouvelle économie fraternelle) à la BEE (Banque éthique européenne), esquisse et enjeux d’une trajectoire" par  Béatrice Chauvin, Ariel Mendez et Nadine Richez-Battesti, Recma  n°318