Coopératives et circuits courts, le lundi 29 novembre 2010 à Paris

La Fédération Nationale des CUMA et la Confédération Générale des SCOP organisaient le 29 novembre dernier à Paris une journée de réflexion sur « Coopératives et circuits courts ». Comment comprendre l’effervescence des initiatives tant en matière alimentaire (Amap, vente à la ferme, paniers solidaires…) qu’en matière énergétique (production et diffusion de plaquettes de bois et autres énergies renouvelables…). Il s’agissait donc de répondre à la question suivante : « Les objectifs des coopératives ne font-ils pas écho à ceux poursuivis par les acteurs engagés dans le développement des circuits courts ? Les uns et les autres ne cherchent–ils pas en effet à modifier les rapports usuels entre les différents acteurs et le territoire, à réinventer des modèles économiques et à instaurer de nouvelles relations entre entrepreneurs, producteurs, salariés, clients ? N’y-a-t-il pas là un défi commun ? ».

Réalisations remarquables

Pascal Trideau, directeur de la CGScop, et Franck Thomas, du service « développement réseau et identité coopérative » de la FNCuma ont apporté les premières réponses à ces questions en séance plénière avant que la tenue des ateliers au sein desquels furent présentés des expériences remarquables. La Camva (Coopérative artisanale des métiers de la viande de l’Aude) réunit des artisans bouchers et établit un partenariat avec des agriculteurs en vue de vendre et valoriser les productions du Pays Cathare auprès des consommateurs. La Scic Bois Bocage Energie structure les filières de bois énergie entre agriculteurs, particuliers, entreprises et élus dans différents territoires du département de l’Orne. Le Pays de Haute Mayenne a initié la création de la Scic Haute Mayenne Bois énergie pour assurer aux particuliers et collectivités locales un approvisionnement local en plaquettes de bois, et ainsi garantir un développement durable de cette énergie renouvelable. La Sica (Société d’intérêt collectif agricole) du Caroux, qui réunit 600 agriculteurs producteurs de fruits et légumes frais, est aujourd’hui fortement engagée sur un travail de commercialisation de produits locaux avec la ville de Béziers, le Parc Naturel Régional. A Lyon, la Scic Alter Conso réunit un collectif de producteurs agricoles, de consommateurs et de salariés. Elle gère la diffusion, sous forme d’abonnements, de paniers de produits locaux. Enfin, en Chalais en Charente, un collectif d’élus et d’agriculteurs a repris en Scic un abattoir jusque-là régie municipale.

Circuit court : une question politique

Après un excellent déjeuner de produits des terroirs apportés par des participants, en circuit court naturellement, un débat entre élus, chercheurs et acteurs engagés s’est poursuivi en plénière en présence de Yuna Chiffoleau (INRA, sociologue, en charge du volet « alimentation et circuits courts » au sein du Réseau Rural Français), Julien Adda (délégué de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique), Philippe Lacombe (Economiste, Inra) et Jérôme Dehondt (Amap Ile de France). La conclusion est revenue à Patrick Lenancker, président de la CGScop et Stéphane Gérard, président de la FNCuma.

La journée dont l’animation était assurée par Eric Dournes (Créa-Sud Communication) a suscité un débat foisonnant et un questionnement sur la définition du même du circuit court : est-ce le faible nombre d’intervenants sur la filière, la proximité géographique, la perspective de long terme, la transparence des échanges et la maîtrise par les producteurs et/ou les consommateurs qui caractérise le circuit court ? La question semble aisée tant l’intérêt des expériences présentées est évident et concordant, et pourtant…

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Jean-François Draperi